12/03/2012
Jalousie (rêve)
Je suis avec mon mari dans une salle de fête. De petites tables séparées accueillent les convives, comme dans un café. Mon mari s’intéresse vivement à une femme assise en face de lui. Moi, je suis plus loin. On ne peut pas dire qu’il me trompe, vu que je suis consentante. Il est tout frétillant et émoustillé. Cela devient même chaud. Je me morfonds dans mon coin. Je sais que c’est un accord entre nous, mais je suis jalouse quand même. Il ne s’occupe plus du tout de moi.
Ce rêve, je l’ai fait la nuit de jeudi à vendredi. Mon mari était parti pour 1 jour et demi, comme il le fait chaque semaine, s’occuper de la maison de sa mère et rendre visite à cette dernière, dans le home où elle vit dorénavant. Avant, il faisait du nettoyage, du tri, du débarrassage, de l’entretien, etc. Maintenant, il commence à y faire faire de petits travaux. Il profite également du feu ouvert, ce qu’il adore, et de l’une ou l’autre petite soirée arrosée, en solitaire. Je crois que ce dernier point est une motivation assez importante. Il évite ainsi de voir ma tête réprobatrice quand il a bu un verre à la maison. « Un verre » étant une façon de parler, bien entendu. Moi aussi d’ailleurs, ça m’arrange de ne pas avoir à constater son état quand il s’octroie ce genre de soirée. Le hic, c’est que je suis sûre que, loin de mes yeux, il se limite moins, tant en quantité qu’en rythme. L’intervalle de quatre semaines entre 2 « séances » a probablement été fort raccourci, sans parler du nombre de verres par séance.
À ce stade de mon récit, certains penseront peut-être que Quantique est peut-être naïve. N’y aurait-il point une autre femme là derrière ? Surtout étant donné le rêve que je raconte plus haut. J’y ai pensé. Je ne suis pas adepte de l’angélisme, pourtant, je ne crois pas qu’il s’agisse de ça. Alors, pourquoi ce rêve ? Je n’ai pas trouvé la réponse tout de suite.
Finalement, au lieu de rentrer le lendemain, comme d’habitude, il est resté un jour de plus, parce que le gars qui fait les travaux n’avait pas fini. À son retour, je lui raconte mon rêve. Il s’apitoie et me rassure, plein de sollicitude. C’est à ce moment que le déclic se fait. Je comprends mon rêve.
Pendant son absence, je pensais à la maison dans laquelle nous vivons, qui m’appartient. Et à lui, s’occupant de celle de sa mère, qui un jour sera la sienne. Je n’ai pas d’objection à ce qu’il s’en soucie et même qu’il en profite pour son plaisir. J’y trouve même mon compte, la solitude occasionnelle étant pour moi plutôt un bienfait. Mais tout ce qu’il fait là-bas, il ne le fait pas chez nous. Tous ces petits travaux d’entretien qui traînent, depuis des années pour certains. C’est ça qui s’est exprimé dans mon rêve. Je suis consentante, mais jalouse quand même. Jalouse de ce qu’il fait pour l’autre maison et qu’il ne fait pas pour celle-ci.
22:08 | Lien permanent | Commentaires (2)
09/03/2012
Invocation
L’autre jour, Bébichon était toute joie et tout sourire. Je dis à ma fille : « C’est comme ça que je le visualise, très régulièrement, en invoquant l’univers. » En disant ça, je lève les bras en croisant les doigts, comme pour porter chance. Bébichon se met à rire. On dirait que mes invocations lui plaisent. En fait, il adore qu’on fasse de grands gestes, de la danse, du kung fu ou autre gymnastique. Pour l’amuser, je recommence plusieurs fois. Il rit à chaque coup. Ma fille rit aussi.
Quelques jours plus tard, au téléphone :
- Dis, Maman, c’est très bien tes trucs là avec tes mains en l’air pour Bébichon, mais tu ne pourrais pas faire la même chose pour moi ? J’en aurais bien besoin, tu sais !
- Ben, figure-toi que j’y réfléchissais. Je pourrais modifier mon invocation et t’y inclure.
- Aaah, bien ! (satisfaction)
- Mais en fait, quand on invoque l’univers, il vaut mieux être précis et ciblé. Alors, j’ai préféré me concentrer sur Bébichon. Surtout que toi, tu es adulte. Tu fais ce que tu veux (ou ce que tu peux) de ta vie. Tandis que lui, il dépend de tout le monde. Il ne choisit pas. C’est pour ça aussi que je me concentre sur lui.
- Oui, c’est vrai, au fond. (Elle rit)
- Et puis, je me dis que si lui est bien dans sa vie, toi, tu le seras aussi.
- Oh oui ! C’est tout à fait vrai ! (Elle rit encore plus)
- Ceci dit, je pourrais chercher une formule pour inclure tout le monde.
- Tout le monde ?
- Oui, même XY ! Ce serait génial non ? Une sorte de formule win-win (ou même win-win-win !) Nous, on n’a pas d’idée, mais l’univers sait peut-être comment satisfaire tout le monde.
- Ah … oui … (un peu dubitative, mais pas hostile)
Je dois dire que je n’ai pas encore trouvé la bonne formulation …
22:55 | Lien permanent | Commentaires (10)
06/03/2012
Une ourse suspecte
Ce matin, je me suis réveillée en état de bien-être. Pendant un long moment, j’ai continué à profiter consciemment de la chaleur sous la couette, puis je me suis levée, j’ai pris mon petit déjeuner et je suis allée à pied à la banque, au marché et à la mutuelle. Il ne pleuvait pas et les 7° C suffisaient à ne pas faire souffrir ma cicatrice. Je me disais : « C’est quand même un luxe de pouvoir ainsi profiter de sa liberté ! » Ce n’est pas la première fois que je le pense, depuis que je suis à la retraite, mais c’est la première fois que je le ressens. Et ça me fait plaisir. C’est fou le temps qu’il me faut pour intégrer les choses. Voilà quasi 4 mois que je suis à la maison.
Au marché, un marchand plein de bonhommie m’interpelle : « Hein, madame, que c’est vrai ? » Je ne sais pas de quoi il s’agit, mais je réponds en riant : « C’est tout à fait vrai ! » - « Ah, vous voyez ? Madame confirme » Les clientes rient. C’est sympa. C’est simple. C’est la vie.
Ensuite, je me balade dans une ruelle où j’aimerais beaucoup habiter. C’est tout près du centre du village et pourtant entouré de nature. Seules les voitures des habitants peuvent y passer. Ni train, ni route proche. C’est d’un calme ! Je ne passe plus que rarement par là parce que je crains toujours d’y rencontrer ma cousine dont la maison s'y trouve. Je l’aime bien pourtant, ma cousine, elle a des qualités, mais elle me gave avec ses remarques, ses critiques et ses intrusions. Je préfère la tenir à distance.
Aujourd’hui cependant, je suis allée jusque chez elle. Je lui avais promis la photo souvenir de notre tante décédée dernièrement. Dans un sens j’aurais préféré glisser l’image dans sa boîte aux lettres, mais je me suis dit que j’allais surmonter mon côté ours et sonner à sa porte. Elle me ferait certainement entrer. Elle aime bien avoir de la visite. Je n’étais pas obligée de rester longtemps. Finalement, elle n’était pas là. L’univers avait décidé de m’épargner cette rencontre. C’est très bien ainsi.
Ensuite, je suis allée faire des petites courses. Je n’avais acheté que peu de marchandises et, arrivée à la caisse, la caissière me demande si elle peut regarder dans mon sac à dos. Je ne prends rien d’autre quand je me balade. Un peu saisie, et bien que sachant que je ne suis pas obligée d’obtempérer, je la laisse regarder. Je me dis que sinon j’aurai l’air vraiment coupable. Elle me remercie, l’air de rien et me dit au revoir tout à fait normalement, sans me regarder. C’est incroyable ! En 30 ans que j’habite dans ce village, jamais personne ne m’a demandé ce genre de chose. Cette grande surface, j’y vais chaque semaine. Et tout à coup, je parais suspecte ? Le plus marrant, c’est qu’au moment où j’étais dans les rayons, j’avais vu passer cette caissière derrière moi, faisant son travail sans s’occuper de personne, moi y compris. Je m’étais dit que c’était quand même bizarre de fréquenter de mêmes lieux pendant si longtemps, sans jamais rien échanger avec les employés. Avais-je inconsciemment senti son regard sur moi ? Son regard soupçonneux ?
En sortant de là, j’étais un peu perturbée. Je me souviens qu’un jour une autre dame avait fait la même expérience dans cette même grande surface. C’était une noire. Je crois que la couleur de sa peau a joué un rôle. Mais moi je ne fais partie d’aucune de ces catégories que certains malheureusement stigmatisent. Je ne suis ni noire, ni jeune, ni droguée, ni sdf. En quoi mon attitude était-elle louche ? Peut-être est-ce mon sac à dos qui m’a valu cette suspicion. Il n’y en a pas beaucoup qui vont faire leurs courses avec un sac à dos.
Le reste de la promenade fut moins agréable. Je me suis mise à repenser à mes collègues qui n’ont pas répondu à mes vœux, à ma fille qui m’avait dit un jour que je n’avais pas l’air sympa. À contrario, j’ai aussi pensé aux personnes qui aimeraient avoir des relations avec moi et que je fuis.
Et puis, j’ai relativisé. Je suis une ourse. Une solitaire qui cueille de l’herbe le long des chemins pour ses cobayes. J’ai souris. J’imaginais la surprise de la caissière si elle avait trouvé un paquet d’herbe dans mon sac à dos. De l’herbe normale, hein, pas de l’ « herbe » ! :o)
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