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07/12/2018

Saint Nicolas

Je ne vais pas vous parler du patron des écoliers, mais bien du grand Saint Nicolas qui vit toujours dans les cœurs de ceux qui n'ont pas oublié l'enfant qu'ils étaient.

À la maison de retraite, quand "Il" arrive, ce sont des sourires qui l'accueillent. L'homme derrière la barbe blanche est jeune et joue le jeu avec bienveillance et respect. Il distribue amabilités et friandises. À certaines personnes qui semblent fragiles ou en souffrance, il trace de sa main gantée, une croix sur le front. J'étais un peu surprise, limite choquée par cette pratique peu catholique, si je puis m'exprimer ainsi. Je pensais qu'il pourrait heurter la sensibilité de ceux qui sont croyants (il y en a beaucoup) et qui pourraient le considérer comme un usurpateur, voire un profanateur. Pourtant la réaction des intéressées m'a rassurée (c'étaient des femmes). L'une d'elles a clairement exprimé le bien que ça lui faisait. Une autre a embrassé sa main.

Je ne m'attendais pas à ça ! Elles savent pourtant que c'est un faux Saint Nicolas. Elles ne sont pas à ce point retombées en enfance. Et pourtant, quelque part dans leur tête, il s'agit quand même bien d'un saint. Quelqu'un qui leur veut du bien. Il entre dans leur imaginaire comme dans un conte de fée. Et finalement, c'est attendrissant !

11/04/2018

Bo à la maison de retraite !

La semaine dernière, je faisais un remplacement au salon de coiffure de la maison de retraite. Quelques personnes discutaient à l'entrée du secrétariat. Près d'elles, un adorable petit chien sans laisse se tourne vers moi. Je l'interpelle. Il s'approche, remuant la queue. Il est super sympa. Je le câline un moment, puis je vais "au boulot". L'heure c'est l'heure ! De là, je vois passer une infirmière. Elle appelle le toutou qui la suit aussitôt. C'est visiblement le sien. Je me dis que c'est cool de venir travailler avec son animal de compagnie !

Lundi, je vais faire du massage de mains à quelques personnes. Au troisième étage, je remarque un grand panier en osier garni d'un bon gros coussin. L'anecdote précitée oubliée, je fais remarquer à la responsable : "Tiens, il y a un panier pour chien ici, je pourrais venir avec mes toutous." - "C'est le panier de Bo." - " Bo ?" - "Tu ne sais pas, c'est le chien de la maison." - "Ah bon ? Mais c'est génial ! Mais qui s'en occupe pour le sortir et tout ça ?" - "C'est l'infirmière Une Telle. Le soir, elle le ramène chez elle et quand elle est en vacances, un autre membre du personnel prend la relève. Ils sont allés le chercher dans un refuge et il s'est étonnamment vite adapté à son nouvel environnement."

Les maisons de retraite ne se valent pas. Et même si ce n'est pas le lieu où les résidents rêvent de finir leurs jours, je dois dire qu'ici, on fait quand même beaucoup d'efforts pour rendre le lieu accueillant et vivant. Il va en avoir des câlins le petit Bo !

18/03/2018

Les types de résidents

Je ne ne vais pas faire un catalogue exhaustif des types de résidents en maison de retraite. Ce serait un peu limitatif. Mais je voulais réagir au commentaire de Chaourcinette qui pense que ces personnes n'ont qu'une envie, c'est de se racrapoter dans leur chambre et de ne pas bouger.

Dans la maison de retraite où je suis bénévole, parmi les personnes atteintes de démence, il y a quelques cas dramatiques qui semblent souffrir tous les jours d'être perdus et s'agitent. D'autres ne s'agitent qu'occasionnellement. Certains sont calmes et ne quittent pas leur fauteuil de la journée, sans plus. Et quelques-uns sont toujours joyeux, mais il est vrai que ce sont des exceptions.

En ce qui concerne ceux qui sont encore capables de participer aux activités, il y a ceux qui refusent tout, pour différentes raisons. Parce qu'ils préfèrent le feuilleton à la télé, parce qu'ils n'aiment pas la promiscuité, parce qu'ils ont de la visite ou parce qu'ils préfèrent une autre activité personnelle (puzzle, cartes, tricot, lecture ...)

Il y a ceux que l'on "pousse". Ils viennent parce qu'ils n'osent pas dire non. Ils se sentent obligés. Parmi eux, certains sont soulagés quand c'est fini. D'autres se disent que finalement ça leur a plu. Qu'ils ont bien fait de venir. C'est ce qui rend difficile la façon de les motiver. Encourager, sans forcer. Ce n'est pas toujours facile à évaluer. La responsable principale a tendance à pousser beaucoup. Elle va jusqu'à prétendre leur demander de l'aide. Moi je n'aime pas cette tactique. J'ai l'impression qu'il s'agit d'une manipulation et que la personne n'a pas un véritable choix. Elle accepte "pour faire plaisir". Ce que les résidents aiment généralement bien c'est d'emmener leurs œuvres, même si, en fait, c'est une(e) bénévole qui l'a réalisée pour la plus grande part, si pas entièrement.

Il y a aussi ceux qui viennent, sans participer. Ils sont contents de voir faire les autres et ça les change des 4 petits murs de leur chambre.

Et puis, il y a ceux qui viennent volontiers. Soit par intérêt véritable, soit par défaut, pour ne pas s'ennuyer. Et ça, c'est chouette !

Demain, on va faire des décorations de Pâques ...