22.02.2012
Je suis malade
Depuis plus d’une semaine, je traîne une toux sèche qui me fait mal aux muscles abdominaux et cogne dans ma tête. C’est épuisant. Samedi, j’ai tellement toussé que j’ai vomi tout mon spaghetti. Au téléphone, le docteur Granule m’a dit que c’était certainement encore du reflux. J’ai donc supprimé tout ce qui était acide et repris mes comprimés de carbonalgue après les repas. Et aussi après les non-repas, car je ne mange presque pas. Depuis lundi, j’ai un mal de tête persistant. La toux a diminué.
Lundi, ma fille aurait bien voulu que j’emmmène Bébichon chez le médecin car malgré les antibiotiques, il avait toujours un peu de fièvre, des ganglions gonflés et mangeait mal. J’ai déclaré forfait. Elle pensait prendre congé, mais finalement elle l’a mis à la crèche malgré tout et il y a bien mangé, bien dormi et n’a plus montré aucun signe de mauvaise santé. Ouf !
Ma fille me demande si mon état n’est pas psychosomatique. S’il n’y a pas un lien avec les histoires de XY. J’y ai pensé, mais depuis 20 ans que j’ai des maux de tête de type migraineux, sans avoir jamais réussi à établir un lien de cause à effet clair, sans avoir pu améliorer les choses, j’en ai un peu marre de me poser ce genre de questions. Un autre médecin (classique devenu magnétiseur) avait passé en revue toutes les causes de stress possibles, de l’alimentation au circonstances de travail, en passant par le cycle hormonal, lunaire et tutti quanti. Au bout de 9 mois, malgré le régime, les médicaments variés et ses impositions de mains, rien n’avait changé. Je dois dire que j’ai assez bien douté de son “don”. De toute façon, s’il s’agit de stress (ce qui est probable), il n’y a qu’une solution à long terme selon moi : pratiquer régulièrement l’une ou l’autre technique de relaxation. Je le sais, mais je n’arrive pas à m’y tenir.
Ce matin, après avoir encore beaucoup toussé la nuit (plus que la veille), je décide d’aller voir le docteur Ifô. Il pense que c’est un virus et me prescrit des médicaments “de confort”. Alors que j’oublie de lui signaler que j’ai mal à la tête, car aujourd’hui ça s’était calmé, il me pose la question et demande des nouvelles de mes migraines en général. Je lui explique qu’au début de ma retraite, j’ai eu une période de rémission, mais que tout est revenu “à la normale” depuis. C’est symptomatique de dire qu’avoir des maux de tête est l’état “normal”, non ? Comme si je ne méritais pas mieux. Il me demande ce qui a changé et ma réponse est invariablement, depuis vingt ans : “Je ne sais pas”. Avant il me demandait régulièrement si j’avais des signes avant-coureur. Il semblait croire qu’il devait forcément y en avoir. Je n’en avais pas. Qu’aurais-je pu faire de toute façon, si je les avait repérés ? Aujourd’hui, il s’interroge sur le stress que pourraient me causer l’un ou l’autre de mes petits-enfants. Il me rappelle que la plupart des maux de tête sont d’origine nerveuse. Ben tiens ! Après ma fille, c’est lui qui revient avec ça ! Je lui dis qu’effectivement j’ai des inquiétudes par rapport Bébichon. Etrangement, il n’investigue pas plus loin. Bizarrement aussi, en examinant mes oreilles, il me demande si j’entends bien. Ma réponse est : “Oui, mais plus comme à 20 ans” – “Mais vous savez toujours écouter”, me dit-il ? “J’essaie”, réponds-je. Et là, il y va de sa petite leçon en me parlant de la différence entre écouter et entendre et que s’il était prof, il ferait faire une dissertation de 4 pages sur le sujet. C’est marrant car je ne me suis justement jamais sentie vraiment écoutée par lui, ou devrais-je dire “entendue” ? Il pose peu de questions. J’ai l’impression qu’il écoute uniquement pour capter le moment où il pourra me donner une petite leçon de vie. Et si je lui disais que ses discours m’emmerdent ? Il me répondrait avec un certain humour qu’il “faut” remercier les emmerdeurs, je ne sais plus pourquoi d’ailleurs, c’est une de ses formules favorites, il me l’a encore sortie aujourd’hui.
Voilà, mes vieux démons qui refont surface. Je crois que je vais au moins faire une séance de EFT sur le sujet.
Bah, j’ai toute la vie pour régler ce problème ! C’est ça, TOUTE la vie ;o)
17:35 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.02.2012
Le petit méchant
Lorsque le petit xy posait des questions sur les occupations de Bébichon, il semblait se comparer à lui. Ma fille lui a donc expliqué que Bébichon était trop petit pour jouer avec les playmobils que xy avait laissés chez elle et qu’il ne regardait pas les mêmes programmes à la télé. Un moment donné, il a dit qu’il n’était pas comme Bébichon, car lui, il avait un jour cassé une chaise (lors d'une crise de colère). C’est une histoire qui date de plusieurs années et que son père aime à rappeler de temps en temps. Il est fort probable qu’il se prenne pour le méchant petit garçon et Bébichon serait le gentil. Normal donc, dans sa tête, que ma fille le préfère. C’est dur quand même d’imaginer comment il se sent, ce pauvre gosse !
Du coup, ma fille a écrit une lettre au directeur de l’école de xy, lui expliquant que l’enfant était en danger et qu’il fallait l’aider. Une impulsion à laquelle mon cœur souscrit, bien que je ne sache pas si c’est une bonne chose dans le contexte. Je ne sais pas si elle l’enverra.
Et puis, ce soir, j’apprends qu’elle a téléphoné à SOS enfants pour demander conseil. Elle a discuté avec 2 psychologues qui ne peuvent malheureusement pas intervenir s’il n’y a pas de maltraitance avérée. Pas de marques de coups ni de négligence visible. Elles ont lu sa lettre et l’ont recontactée en lui conseillant d’être plus concise, de ne pas parler de ce qu’elle a vécu elle-même, mais seulement de ce qu’elle a constaté après avoir revu le petit xy, après plus d’un an.
Entre les 2 communications téléphoniques, elle a fait un petit malaise. Elle a vu noir et son bras s’est endormi. Elle a tout de suite contacté son médecin qui l’a rassurée quant à la gravité du symptôme dans l’immédiat, mais il ne faudrait pas que ça se reproduise régulièrement. Une des psychologues l’a félicitée de bien s’occuper de son fils et de se préoccuper du petit xy, mais, fine mouche, lui a demandé si elle s’occupait aussi bien d’elle-même. Ma fille a fondu en larmes. C’est son gros point faible : se démener pour les autres en oubliant de prendre soin d’elle-même.
18:04 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
18.02.2012
La rencontre
Ma fille est arrivée au centre MIR avant l'heure. Quand elle a commencé à sortir ses affaires de la voiture, elle a aperçu XY qui émergeait de la sienne. Lui qui est toujours en retard, cette fois, il a fait en sorte d’être là avant elle, pourquoi si ce n'est pour la déstabiliser ? Il ne devait venir que 20 minutes plus tard, tout étant organisé pour qu’il ne se retrouve pas en présence de ma fille. Elle a vite baissé les yeux pour ne pas croiser son regard, quand tout à coup elle a entendu une petite voix lui dire bonjour. Le petit xy était là, planté devant elle, alors qu’il ne devait pas assiter à cette première rencontre. Il en avait été convenu ainsi. La psychologue lui a fait remarquer qu’il devait se tenir aux accords. Elle trouvait toutefois que le fait d’amener son fils aîné n’était pas si grave. XY aurait invoqué une raison que ma fille n’a pas voulu entendre. “Non, a-t-elle répliqué, ce n’est pas grave, c’est juste qu’il ne respecte jamais ce qui a été convenu. Et une bonne raison, il en trouvera toujours une pour faire à sa manière à lui. Si vous le laissez faire, il aura toujours gain de cause. “
J’espère que ses agissements figureront dans le rapport. J’ai suggéré à ma fille d’insister pour que ce soit bien noté. Mon mari a même rajouté qu’il faudrait que ces rapports soient envoyés au fur et à mesure, avant qu’il n’embobine la dame et la mette dans sa poche (ou dans son lit, tant qu’à faire, c’est une méthode éprouvée), en faisant sa tête de pauvre papa qu’on veut faire passer pour un mauvais.
Bref, ma fille, toute tremblante, a eu droit à ses 20 minutes avec la psychologue, avant de devoir passer dans la pièce à côté, en laissant Bébichon. Il a pleuré pendant 5 à 10 minutes, selon ma fille. Elle a fait de même, de l’autre côté de la cloison. La psy lui dira par la suite qu’il s’était réfugié dans ses bras à elle (alors qu’il ne l’a vue qu’une fois auparavant). Ensuite, ça s’est mieux passé. XY a fait des photos et a changé ses couches. Changer des couches qui venaient de l’être, cela pourrait paraître anodin. Ne connaissant pas le zigotto, on pourrait voir là une prise de contact avec l’enfant. Un geste de soin, de tendresse. Mais la psy ajoute : “Monsieur a dit qu’il sentait le pipi”. Cela a mis ma fille encore plus en rage. Elle croit qu’il a fait ça pour montrer à la psy qu’il savait s’occuper d’un petit enfant. Se mettre en valeur, ça c'est important pour lui. Moi, j’y ai vu plutôt, ou aussi, une façon de critiquer, de tenter de mettre ma fille en défaut d'hygiène. C’est tout à fait son style.
Un quart d’heure avant la fin de la séance, la psy est venue demander si ma fille voulait voir le petit xy. Elle a acquiessé. Elle a rencontré un enfant devenu grand et … gros. Il mange des frites chaque soir. Alors que XY clame encore et toujours qu’il élève seul son gamin, l’enfant raconte que son papa s’en va tous les soirs en le laissant tout seul. Enfin, pas tout à fait seul, puisqu’il reste avec la dame dont XY m’avait dit qu’elle allait retourner en France où elle avait quelqu’un (communication téléphonique du 31 octobre dernier) et surtout qu’elle n’était pas sa “compagne”, mais une “amie”, ce qui m’avait bien fait rire puisqu’elle même disait le contraire à ma fille.
Le petit garçon, tout raide, les bras ballants, le regard fuyant, a l’air de tout sauf d’un enfant épanoui. Elle l’a embrassé. Il s’est laissé faire sans toutefois répondre à l’étreinte. Elle lui a dit qu’il lui manquait et qu’elle l’aimait. Il a répondu : “je sais”, en regardant de côté. Elle lui a pris le visage entre les mains pour qu’il la regarde, en répétant qu’elle l’aimait. Il l’a regardé entre ses paupières toutes plissées. Ils ont parlé de sa vie, de ses copains, de l’école, de Tiouane et Titou qui parlent encore de lui parfois. Elle lui a donné le jouet qu’elle lui avait acheté tout spécialement et qu'elle avait heureusement laissé dans sa voiture, même si elle ne devait pas voir l'enfant cette fois-ci. Il semblait très content. Au bout d’un moment, elle lui a dit que s’il avait des questions à poser, il pouvait le faire. Il en avait une : “Tu fais quoi avec Bébichon ?” Le cœur de ma fille s’est serré. Quand on sait que son père lui a dit que Bébichon l’avait remplacé dans le cœur de ma fille et qu’elle n’en avait plus rien à faire de lui, on peut imaginer toute la détresse de ce petit garçon de presque 8 ans, non seulement d’avoir dû être séparé de ma fille, mais d’avoir été “remplacé”. La question "Tu fais quoi avec Bébichon" n'est-elle pas une vérification des paroles de son père ? Fait-elle avec Bébichon ce qu'elle faisait avec lui ? Elle lui a donc raconté ses journées. Il a posé des questions sur les jouets avec lesquels Bébichon jouait, sur ce qu’il regardait à la télé. Ma fille a ajouté - ce qu’elle avait déjà fait lors de la rupture - qu’il n’avait rien à voir avec la séparation, qu’il n’en était pas la cause, et qu’elle aimerait bien le revoir.
21:51 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note


