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25/10/2013

Belle semaine !

Mardi après-midi, à la maison de retraite, confection de petites couronnes florales. Une des dames dont je m'occupe est en chaise roulante. Le temps de comprendre, sans prononcer un mot, elle se jette à corps perdu sur son œuvre, un peu comme une enfant qui dirait : "c'est moi toute seule !" Les gestes sont imprécis, saccadés, mais le résultat est tout à fait satisfaisant. Elle reçoit plein de félicitations et la fierté se lit sur son visage. Une autre dame, toujours prête à rendre service, semble n'avoir aucun problème physique, ni même intellectuel, si ce n'est une mémoire en forme de passoire. Et pourtant ! Je lui demande de couper des feuilles de lierre en laissant 3 cm de queue. Je lui montre plusieurs fois. Elle est pleine de bonne volonté, mais n'y arrive pas. Pareil pour les fleurs. Au lieu d'enfoncer la tige dans la mousse, elle les prend par la tige et tente de les introduire par la tête. Elle réussit quand même à piquer quelques feuilles. Pour le reste, son arrangement floral, c'est moi qui l'ai fait. En revanche, quand la séance est terminée, elle est la première à débarrasser et nettoyer la table. Les gestes qu'elle a fait pendant toute sa vie, elle peut encore les reproduire. Quand son fils arrive, elle lui raconte ce qu'elle a fait et semble satisfaite.

Mercredi matin, yoga. J'y retrouve une des bénévoles de la maison de repos. Nous papotons en attendant le prof qui est en retard. Elle s'étonne que je sois "déjà" à la retraite. Je lui dis mon âge. Elle me croyait plus jeune qu'elle. Elle a 56 ans. Ça me surprend, mais ce n'est pas déplaisant à entendre !

Mercredi soir, intéressante conférence : "Revivre sensoriellement". Les résultats promis sont presque trop beaux pour être vrais. Le but est de se débarrasser de ses peurs "pour toujours" ! Rien que ça ! J'ai déjà évoqué la technique dans une de mes notes, sans savoir que la solution était définitive. J'y reviendrai plus tard.

Jeudi matin, un entrepreneur vient voir comment nous désirons transformer notre cuisine. (Cheminée, poêle à bois, placards ...). Il avait déjà abattu la cheminée existante et retiré les placard, mais nous avions demandé d'interrompre les travaux pour réfléchir à ce que nous voulions exactement. Nous avons enfin trouvé, tant au point de vue technique qu'organisationnel. Les travaux reprennent mardi prochain.

Jeudi après-midi, rendez-vous avec mon ex collègue et amie. Pas besoin d'attendre le bus. Il arrive pile au moment où j'atteins l'arrêt. Je m'assieds à côté d'un jeune homme. Nous entamons une conversation qui ne sera même pas interrompue à notre descente du bus puisqu'il prend le métro dans la même direction que moi. Pendant que je composte ma carte, il m'attend. Nous parlons études, langues (il en parle 4 !), lien social, éducation, y compris sexuelle. Quand on nous annonce un problème technique, il se réjouit de parler avec moi plus longuement. Arrivé à sa station, nous nous quittons en toute sympathie. Je lui demande rapidement son nom. Baptiste. Je lui donne aussi le mien qu'il trouve joli. J'ai vraiment eu l'impression d'un échange intergénérationnel en toute simplicité et agréable pour les deux parties.

Je rejoins ensuite mon amie. Nous mangeons ensemble et devisons, comme d'habitude, évoquant les derniers événements vécus, les soucis et bonheurs quotidiens.

En fin d'après-midi, je vais chercher Bébichon à l'école. Je le ramène chez lui et m'occupe de lui jusqu'au lendemain, vu que ma fille est en réunion pour son nouveau travail et qu'elle dort sur place pour s'épargner les 3 heures de route. Bébichon est a-do-ra-ble ! Un moment donné il me "menace" avec un dragon à trois têtes. Je joue la peur et criaille : "Non, non, pas le méchant dragon !" Il s'arrête, me regarde avec compassion et s'excuse : "Oh, pardon, Mamy !" puis s'en va déposer son jouet loin de moi pour que je n'aie plus peur.  Je lui tends les bras et on se fait un gros câlin.

Le soir, je lui raconte une seule histoire (ma fille lui en raconte plusieurs). Il se laisse mettre au lit sans rechigner. Il me demande des guiliguilis sur les pieds. À pratiquer du bout du doudou. Et il s'endort comme un ange.

Il me reste de l'énergie, ce qui est rare. Je nettoie le sol de la cuisine, des toilettes, du hall d'entrée et du living. Après, je suis K.O. Je m'octroie un bon bain et je vais dormir.

Ce matin, Bébichon me demande un jus de fruit. Comme je n'en trouve pas, il regarde dans le frigo et opte pour un lait chocolaté. Il déballe la paille qu'il enfonce dans le berlingo, puis le repousse en déclarant : "Je veux pas, j'ai pas envie". Je rouspète. Il me regarde un moment, très sérieusement. Les coins de ses lèvres tombent vers le bas et ses yeux se remplissent de larmes. Je lui demande ce qu'il y a. Il ne me répond pas, mais il désigne la boisson. "Tu es triste parce que je me suis fâchée ?" Il hoche la tête affirmativement. Je suis étonnée de l'impact de mon mécontentement. Je lui dis que c'est fini, que je ne suis plus fâchée. Il ne se rassérène pas. Pour lui prouver la fin de ma mauvaise humeur, je prends les coins de ma bouche et les relève comiquement en un sourire. Il rit dans ses larmes. Il appuie ses 2 mains sur les côtés de son visage et tire le tout vers le bas en une grimace. Je ris aussi. Puis, spontanément, il boit son lait chocolaté. Ensuite, je le conduis à l'école, puis je rentre chez moi.

Mon mari, qui avait l'intention de s'en aller après avoir bu une tasse de thé avec moi, reporte son départ pour prendre le temps d'aller manger ensemble, à la taverne proche.  Sympa !

L'après-midi, contente, mais épuisée, je fais la sieste ! :o)

20/10/2013

Vu la forme ...

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     J'aimerais mieux que mes toutoutes ne fassent pas pipi
     sur la terrasse, mais si c'est en forme de cœur,
     comment leur en vouloir ...

19/10/2013

stratégie émotionnelle

Dans les magasins, ce que j'ai du mal à supporter, ce sont les enfants qui pleurent longuement parce qu'ils ne reçoivent pas ce qu'ils demandent. S'ils s'arrêtent rapidement, c'est généralement parce qu'ils savent que ça ne sert à rien étant donné la fermeté des parents. En revanche quand ça se prolonge, c'est parce qu'ils savent qu'ils ont une chance de gagner, même si ça dure longtemps. Dans ces cas-là, j'ai parfois envie d'encourager l'adulte à tenir bon, mais je m'abstiens bien sûr, ce serait un peu déplacé. Et quand l'adulte craque, je lui en veux, je râle sur le laxisme que je constate si souvent et qui a pour conséquence de rendre les enfants difficiles.

Aujourd'hui, c'est un petit bout d'un an et demi deux ans qui se faisait entendre. Il ne pleurait pas vraiment, mais poussait constamment de petits cris perçants et mécontents que j'essayais de ne pas entendre. Au bout d'un moment, j'ai senti l'énervement me gagner, m'empêcher de me concentrer et me gâcher mes courses. Je suis consciente que je suis exagérément sensible à de telles choses. J'ai même failli m'en aller pour échapper à cet état de stress. Mais c'était trop bête. Alors, j'ai soudain eu envie - je dirais presque besoin - d'aller voir pourquoi cet enfant rouscaillait ainsi. J'avais l'impression qu'en comprenant ce qui se passait, j'allais pouvoir l'accepter. Le petit garçon, assis dans le caddie criait en désignant son frère, mais je ne sais pas pourquoi. Peut-être voulait-il le suivre ? Les parents ne s'en inquiétaient pas. Ça ne m'aidait pas beaucoup. Plus tard, je le vis dans les bras de sa mère, se tortillant comme pour lui échapper. Cela confirmait ma première idée. L'enfant avait envie de marcher. Je crois que cette famille n'était pas laxiste. La mère n'a jamais lâché l'enfant et un moment donné le père a envoyé une tape bien sèche à l'arrière de la tête de l'aîné parce qu'il ne lui obéissait pas.

Je me suis alors remise à essayer péniblement de me concentrer sur mes achats. Tout à coup, j'ai repensé à une technique dont j'avais lu les bienfaits. Il s'agit de s'arrêter, de ne plus rien faire et de se concentrer sur son ressenti physique. C'est ce que j'ai fait pendant quelques instants.

Un bon moment plus tard, j'ai réalisé que j'avais oublié l'enfant. En fait, je venais de l'entendre à nouveau. Soit, il s'est tu pendant tout ce temps, soit je ne l'entendais tout simplement plus. Je ne connais pas la réponse, mais en tout cas, c'est un truc à réessayer. Il paraît que ça marche dans toutes les circonstances où les émotions désagréables vous envahissent, par exemple quand on veut arrêter de fumer, au moment ou l'envie monte. On s'arrête, on se concentre sur son corps, et on attend, tout simplement ...