04/12/2013
Stimuler, motiver, sans forcer
Depuis le début, je me pose des questions quant à la manière d'encourager les résidents de la maison de retraite à participer aux activités. Bien sûr, je suis d'accord qu'il faut tenter de les motiver, mais jusqu'à quel point ?
Un jour, lorsque je suis arrivée, madame Bricolage avait déjà été chercher une dame en chaise roulante. La personne demandait à retourner dans sa chambre, mais madame B. tentait de la retenir. Moralement j'entends puisque de toute façon, la dame était incapable de déplacer son fauteuil toute seule. À mon tour, je lui explique que d'autres personnes vont arriver. Elle sera en bonne compagnie et pourra regarder ce qui se fait. Ça pourrait être intéressant. Elle sourit et dit "oui, oui", mais quelques secondes plus tard, elle réitère son désir de retourner dans sa chambre. Au bout de 10 minutes, madame Bricolage m'autorise à la reconduire. Elle considère qu'elle a fait ce qu'elle a pu, mais que ça suffit. Je suis soulagée. Moi, je n'aime pas qu'on force les gens.
En chemin, je demande à un membre du personnel où se trouve la chambre de la dame qui elle-même n'en sait rien. Elle me répond qu'il faut la mettre dans le petit salon (où les gens sont parqués les uns à côté des autres devant la télé). Mais la dame s'y oppose avec véhémence. Elle criaille de sa petite voix aigrelette. J'insiste pour pouvoir la ramener dans sa chambre, mais on ne me laisse pas faire. Le fauteuil m'est enlevé et la dame est emmenée d'autorité dans le salon. En chemin, elle tend les bras vers le mur le plus proche et tente au passage de se retenir aux chambranles des portes, sans émouvoir le moins du monde la conductrice.
Ça fait mal au cœur ! Et je m'imagine un jour, moi qui aime être seule et qui déteste la télé qui marche constamment. Ça fait peur ! Ce qu'il faudrait, c'est crier jusqu'à obtention de ce que l'on veut et auquel on a droit, nom de nom !
À contrario, hier, j'invite un monsieur à venir bricoler. Il refuse catégoriquement. J'insiste en expliquant ce qu'on va faire. Il ne veut pas. Je le laisse donc et vais chercher d'autres personnes. Et que vois-je en revenant ? Le monsieur en question assis à la table de bricolage. À la fin de la séance, il exprime le plaisir qu'il a eu. Non seulement il s'est bien amusé en décorant un petit cadre en bois, mais en plus il a blagué avec les dames autour de lui et a mis une bonne ambiance. C'est alors que je l'interpelle en le taquinant à mon tour, d'un faux air de reproche : "Ah ben ça alors, avec moi vous ne vouliez pas venir et avec quelqu'un d'autre vous acceptez ?" - "Ah oui, c'est vrai !" - "Je m'en souviendrai, la prochaine fois ;o) !"
Comme quoi, c'est bien d'insister parfois. Et je dois apparemment apprendre à le faire mieux, sans tomber dans la tyrannie décrite plus haut. Madame responsable brico m'a dit qu'il fallait leur demander de venir "aider". Moi, ça me dérange de passer par ce subterfuge un rien manipulatoire, même si c'est pour la bonne cause. Car j'ai remarqué que certaines personnes se sentent alors obligées et se forcent. Je vais trouver ma manière à moi ...
13:38 Publié dans Maison de retraite | Lien permanent | Commentaires (15)
30/11/2013
Laisse échappée
Depuis 13 mois que j'ai mes chiens, j'ai lâché malencontreusement leur laisse à trois reprises au cours d'une promenade. Je ne les avais pas encore depuis si longtemps, lorsque j'ai lâché celle de Laly. C'était dans un chemin de terre, entre deux champs. En changeant les deux laisses de main, à cause de mes moufles, j'en ai raté une. Quelle maladroite je fais ! J'ai rappelé la bête, mais elle ne venait qu'un petit coup, ne s'approchant pas suffisamment et repartait tout de suite, sans interrompre son reniflage, comme si elle ne s'était pas vraiment aperçue de quelque chose. J'ai gardé mon calme et l'ai suivie, sans me précipiter, des tas d'images dramatiques assaillant toutefois mon esprit. Cela a duré quelques minutes avant que je la récupère. Les minutes sont particulièrement longues dans ce cas !
Bien résolue à être plus attentive, j'ai pourtant récidivé peu de temps après. J'avais emprunté un petit chemin réservé aux promeneurs. Afin de ramasser de l'herbe pour mes cobayes, j'ai enlevé mes moufles et les ai posées à terre. Les deux laisses, accrochées à mon poignet, sont parties avec les moufles et j'ai mis quelques secondes à m'en rendre compte. Par chance, les chiens étaient à l'arrêt, côte à côté, attendant gentiment que j'aie fini ce que j'avais à faire et rien n'était venu éveiller leur intérêt ailleurs que près de moi. Ni chien, ni lapin, ni oiseau à l'horizon. J'ai pu ramasser les laisses sans plus de soucis. Mais quels reproches je me suis faits !
La troisième fois s'est passée ce matin, dans une rue normale, où circulent des voitures, avec tous les dangers que cela suppose pour un chien qui n'a pas l'habitude de circuler librement et n'obéis pas parfaitement. J'avais pourtant les mains nues cette fois. C'est sans doute au moment où j'ai passé les laisses d'une main à l'autre, comme la première fois, que l'une d'elle m'a échappé. C'était celle de Mika qui heureusement continuait gentiment à me suivre en trottinant, la laisse traînant derrière elle, avec quand même dans le regard une certaine interrogation. Cependant, dans ma précipitation pour rattraper Mika, j'ai changé trop vite la laisse de Laly de main et elle m'a, elle aussi, échappé. J'avais donc lâché les deux chiens qui risquaient de s'éloigner l'un de l'autre. Quand je me suis baissée vers Mika, un peu trop prestement sans doute, elle a eu un petit mouvement de recul, mais j'ai posé mon pied sur la laisse pour l'immobiliser et je l'ai récupérée tout de suite. Pareil pour Laly, qui à mon grand soulagement est revenue spontanément vers moi. Quel stress cela m'a causé ! Et qu'est-ce que je m'en suis voulue !
Je ferais bien dorénavant, d'emmener des friandises, pour faire éventuellement revenir les chiens vers moi. Et aussi m'acheter une laisse mains libres ! Mais laquelle ? J'ai un penchant pour celle de gauche, avec la ceinture et les pochettes. Entretemps, je me suis aussi inscrite dans un club d'éducation canine. Je suis justement allée le visiter la veille.
23:26 Publié dans Mes amies les bêtes | Lien permanent | Commentaires (11)
28/11/2013
La photo du papa de Bébichon
Lorsque Bébichon avait décrété que le directeur du cirque Bouglione était son papa, comme je l'ai raconté dans ma note du 4 novembre dernier, j'avais suggéré à ma fille de lui donner la photo de son vrai papa. Mais ma fille ne voulait pas voir la tête de XY dans son pêle-mêle et y être ainsi confrontée chaque jour. Et puis, elle considérait que des photos, Bébichon en avait." Ah oui ? Où ça ?" demandé-je. "Dans l'ordinateur, répondit-elle" - " Mouais, et comment y a-t-il accès ?" Elle admettait qu'elle pourrait lui donner une photo qu'il garderait dans sa chambre. Mais elle ne l'a pas fait.
Cette semaine, l'institutrice de Bébichon demande aux enfants d'apporter des photos de leur famille. Ma fille se demande s'il fallait qu'elle lui donne une photo de XY. Moi, très spontanément (pour une fois qu'elle me demande mon avis) : "Mais, évidemment !" - "Mais pourquoi ce serait si évident" - "Mais enfin, c'est son père !" Je crois qu'elle l'aurait fait de toute façon, mais ça lui en coûtait. Elle lui a donc donné une photo : "Tiens, c'est ton papa." Le gamin la regarde d'un air sceptique. Il y a 6 mois qu'il ne l'a plus vu. Elle insiste. Il reste dubitatif. Elle insiste encore. Il regarde la photo plus longuement, la dépose et ne s'en occupe plus. Plus tard, il a reprendra et admettra que c'est bien son papa.
Le jour dit, il emmène les photos de sa famille à l'école. Y compris celle de XY, donc. La nuit suivante, il fait une terreur nocturne ! Il n'en avait plus fait depuis des mois. Ma fille se demande si ses terreurs nocturnes ne sont pas dues à son propre stress à elle. Car elle en a eu avec cette histoire de photos pour l'école. Une terreur nocturne n'est pas à confondre avec un cauchemar. Pendant sa terreur, l'enfant semble éveillé. Il hurle, mais en fait, il dort et il est conseillé de ne pas tenter de le réveiller. Il est dans son monde, vous n'avez pas accès à sa conscience et le lendemain, il ne se souvient de rien. Sachant cela, ma fille a quand même parlé à Bébichon, tout doucement. Elle lui a notamment expliqué qu'il ne devait pas s'inquiéter. Il verrait encore son papa, plus tard sans doute. L'enfant a hoché vaguement la tête, puis s'est calmé.
13:39 Publié dans Ma grande fille/Bébichon, alias Picolo | Lien permanent | Commentaires (28)




