02/09/2014
Quelle matinée !
Hier et aujourd'hui, on est venu installer notre nouvelle cuisine. Vu le va-et-vient et les portes qui s'ouvrent et ne se referment pas forcément, les toutoutes sont enfermées dans le living, avec nous, ou sans nous, selon nos occupations. Ou bien, elles sont mises dans le jardin. Elles n'aiment aucune de ces situations qui ne sont pas normales pour elles et donc stressantes, en plus du bruit des scies et des foreuses. Beaucoup d'aboiements donc, de sauts et de grattages de portes. Un moment donné, je les sors au jardin pour faire leurs besoins. Je propose à mon mari 2 solutions. Il veille à ce que les portes menant à la rue restent fermées le temps de la sortie. Ou bien je l'appelle avant de rentrer, pour qu'il les maintienne fermées un moment, le temps de rediriger les chiens vers le living où je les enfermerais.
Malheureusement, mauvaise communication, des deux solutions mon mari choisit la 2ème, sans me le dire alors que moi je pense à la première, sans demander confirmation. Je rentre donc avec les chiens. Surprise de ne pas voir mon mari, je remarque en revanche une porte grande ouverte. Un des installateurs m'annonce qu'un de mes chiens est sorti. C'est Laly. Encore ! C'est la deuxième fois. Je vous épargne le détail de ses traversées et re-traversées de rue. De mes appels superbement ignorés. De mes approches avortées. De ma peur qu'elle ne se fasse renverser. Des voitures qui ralentissent ou même s'arrêtent pour ne pas la mettre en danger (Merci, de tout cœur, merci !). De mon envie de pleurer. De mon pessimisme (cette fois je n'aurai pas autant de chance !) De ma rectification mentale (faisons confiance à l'univers !) Jusqu'où va-t-elle m'entraîner cette fois ? Avec mes clapettes aux pieds. Pas pratique pour courir !
Mon mari a pris l'heureuse initiative de se lancer à notre poursuite. Arrivé à une dizaine de mètres derrière moi, c'est lui qui l'appelle. Et là, oh surprise, elle s'arrête, les oreilles en alerte, nous voit et s'élance vers nous. Je l'encourage, comme au cours d'éducation canine. Mais à un mètre de moi, elle dévie brusquement et continue son chemin vers mon mari. Il n'a pas plus de chance. Elle lui fait le même coup, puis traverse à nouveau la route. Nous aussi. Je l'appelle une nouvelle fois. Elle furette et ne vient pas. Elle est maintenant entre nous deux et nous nous approchons doucement. Il faut qu'elle choisisse par où aller. Je m'accroupis. Elle court à nouveau vers moi et tente une fois encore de m'échapper au dernier moment. Mais cette fois, elle choisit le mauvais côté (pour elle). De mon point de vue, c'est une aubaine. Le passage est plus étroit car il y a une voiture en stationnement. Et c'est là que la vieille Quantique fait preuve de suffisamment de souplesse pour capturer au passage son lévrier préféré, par la cuisse, en se jetant à terre comme un gardien de but (j'exagère à peine). Elle n'essaie même pas de résister. C'est fini, Laly. Tu l'as eue ta promenade en liberté. On rentre à la maison. Une dame lavant ses carreaux se réjouit de voir que nous avons récupéré notre petite futée fugueuse.
J'ai mis du temps à me remettre de mes émotions. Je n'avais plus envie de rien pendant une bonne heure. Tout est bien qui finit bien, mais j'ai l'impression de résister de moins en moins bien à ce genre d'émotion.

N.B. Les "clapettes" dont je parle sont en fait des sandales orthopédiques en bois comme celle-ci (j'ai la droite aussi !).
22:31 Publié dans Mes amies les bêtes | Lien permanent | Commentaires (16)
29/08/2014
Les semaines avec Bébichon
Première et dernière semaine du mois d'août avec Bébichon.
Début de la première semaine, des travaux dans la maison. Des ouvriers qui circulent. Des portes qui s'ouvrent et parfois ne se referment pas. Il faut surveiller constamment à la fois Bébichon et les toutoutes pour que personne ne se retrouve accidentellement dehors, côté rue. Cuisiner dans le garage où se trouve provisoirement le frigo et le micro-ondes. Heureusement, il fait beau. On passe beaucoup de temps au jardin. C'est plus facile à gérer pour moi et agréable pour tout le monde. Jeudi, on visite aquatopia, le monde sous-marin à Anvers. Bébichon frétille de joie.
Deuxième semaine, il pleut beaucoup. On sort quand il y a moyen. Bébichon adore "travailler" au jardin. C'est-à-dire creuser des trous et ratisser. Il se passionne aussi pour les escargots. Il y en a d'ailleurs un qui s'est fait la malle dans le bureau. Bébichon, ne le voyant plus, prétendait qu'il était mort. Il était simplement sous la table du bureau. Il a fallu de bons arguments pour le persuader de le remettre dans la nature, là où il était heureux, avec ses copains.
Le plus interpellant, depuis lundi, c'est que Bébichon parle constamment de son papa, de son frère et de sa grand-mère. Il les cite tous par leur prénom et me raconte que son papa est en congé à la montagne. Il transpose sans doute une histoire entendue à l'école ou vue à la télé. Il parle aussi d'un bébé, tout petit. À la longue, nous finissons par comprendre que le bébé, c'est lui. Parce que ma fille lui a expliqué que son papa était là quand il est né et encore quelque temps après, quand il était bébé.
La dernière fois que nous étions à la piscine, je l'avais vu observer un long moment un papa qui jouait avec ses 2 enfants. Il souriait en les regardant. Pense-t-il alors à son papa à lui, qu'il ne voit plus jamais et aux jeux qu'ils pourraient faire ensemble ?
Le comble, c'était avant-hier. Il me demande une vidéo de Stromae, "Papaoutai". Je la lui trouve. Il la regarde, fasciné. Il se la passe et la repasse. Il danse sur la musique. Un moment donné, dans le clip, on voit un papa qui a l'air fâché et un petit garçon à la mine penaude. Je dis : "tu vois, le papa se fâche". Il me répond que non. Qu'il joue. À mon avis, il croit qu'un papa ne se fâche jamais. Qu'il est toujours gentil et rigolo. Idéalisation ... Ma fille me dit qu'il a recommencé plusieurs fois la scène d'appeler très fort son papa quand il ne veut pas faire ce qu'elle lui demande. Tout en observant du coin de l'œil si sa maman va encore s'effondrer comme la première fois. Mais ce n'est pas le cas. Maintenant ma fille sait à quoi s'en tenir.
Qu'est-ce qui se passe dans sa petite tête de 4 ans ? On en devine une partie ...
08:39 Publié dans Ma grande fille/Bébichon, alias Picolo | Lien permanent | Commentaires (27)
24/08/2014
Les bébés et moi (3) Réponse à Chaourcinette et Captaine Lili
21:26 | Lien permanent | Commentaires (20)



Chaourcinette me dit : "ta mère répondait à ton désir "inconscient" d'enfant....et tous les projets tu les a fait sur cet enfant...ces projets avortés n'ont jamais vu le jour...C'est pour ça que je pensais que tu avais pu reporter tout ça sur ta première fille....
quel dommage que tu n'aies pas pu faire ce travail avec des enfants ! tu aurais été géniale et surtout très épanouie..."
Captaine Lili me dit : "La manière de faire de ta mère est surprenante, et ce manque d'émotions apparent (elle te dit qu'elle est enceinte, plus plus rien comme si c'était sans importance, sans intérêt, sans conséquence...) est forcément choquant pour une ado qui s'ennuyait peut-être, se sentait sûrement seule : un petit frère ou une petite sœur aurait apporté du changement : quelqu'un à aimer, à protéger, à qui apprendre ce qu'on sait de la vie et avec qui partager (tu dis que tu le voyais en oncle ou tante pour tes futurs enfants), ça donne de l'importance, de la valeur à sa propre vie. Ça ne m'étonne pas tellement qu'une ado puisse ressentir cela... d'autant plus si dans ton caractère, tu aimes t'occuper des petits."
C'est difficile de se remettre dans un contexte aussi lointain, mais il ne me semble pas que j'aie eu un désir inconscient d'enfant. Par contre, j'étais à une période où la vie ne me paraissait pas vraiment fabuleuse. Déjà que je n'avais pas été dotée de cet attribut qui aurait fait naître des étoiles dans les yeux de mon père. Je n'étais, hélas, qu'une fille. De plus, je ramais à l'école. J'étais bonne en tout ce qui n'avait pas d'importance pour la plupart des gens (gym, musique, néerlandais, couture). J'étais donc plutôt nulle. Je me demandais s'il ne valait pas mieux mourir. Quel effet cela ferait-il ?
Quand ma mère s'est retrouvée enceinte, de nouvelles perspectives se sont ouvertes à moi. Plus que du changement dans la vie d'une ado qui s'ennuie, j'aurais été valorisée aux yeux de mon entourage, admirée peut-être. "Quantique s'occupe d'un bébé !" Et ce petit enfant, il n'aurait pas sur moi ce regard critique qu'avaient les profs insatisfaits. Je serais la grande qui a de l'importance pour lui. Je pourrais lui apporter de l'aide, du soutien. Choses dont j'ai cruellement manqué, je dois le dire. J'allais lui donner ce que moi-même je n'avais pas reçu. Et bien sûr, il m'aimerait de manière inconditionnelle, même si je ne suis qu'une fille et que mes résultats scolaires sont médiocres. Cet enfant allait donner un sens à ma vie !
Quant à l'attitude de ma mère, comme je l'ai déjà expliqué, je pense qu'elle est due au fait qu'elle n'a dû apprendre qu'il lui serait possible d'avorter, qu'après m'avoir annoncé son état. Ensuite, elle n'a sans doute pas su comment m'expliquer la "disparition" du bébé. Elle a été surprise quand je lui ai demandé si le bébé était toujours là.