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10/06/2014

Une fleur magnifique ! (2)

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Voici mon pavot somnifère, en cette fin d'après-midi. Les feuilles du bas ont jauni. Les autres feuilles et les boutons ont piqué du nez.

Quant à la fleur, qui hier était parfaitement épanouie, elle s'est décomposée dès que je l'ai touchée. La pluie qui est tombée drue cet après-midi y est aussi pour quelque chose.

Le gros plan de la fleur permet de se rendre compte de sa grandeur par rapport à ma main. De toute façon, je m'y attendais. Il reste la capsule et les boutons. Si j'arrive à avoir des graines, c'est gagné !

Une fleur magnifique ! (1)

IMG_5035.JPG<- La maison de la photo n'est plus là. Elle était vide depuis longtemps et en piteux état. J'ai su qu'elle allait être abattue. Ça me fait toujours quelque chose, une maison qui disparaît. Que l'on casse. Je le ressens comme une violence. Même si elle n'a rien de spécial, comme celle-ci. C'est presque un être vivant pour moi. J'aimerais mieux qu'on la rénove. Qu'on lui donne une nouvelle vie. Je vois très bien ce qu'elle aurait pu devenir ...

IMG_6007.JPGMaintenant, il reste un terrain vague -> recouvert de fleurs, principalement des camomilles sauvages avec quelques taches rouges de coquelicots. Hier, je passais par là avec mes toutoutes. Une dame âgée y trifouillait je ne sais quoi avec un couteau à tartiner. Je jette un coup d'œil en passant et je vois, oh, surprise ! une magnifique fleur rose vif en forme de pompon. Du coup, je m'arrête et demande à la dame de quelle fleur il s'agit. Elle n'en sait rien. C'était le jardin de sa mère. Ah, elle s'y connaissait en fleur, sa mère ! Mais elle n'a pas hérité de son don, même si elle aime beaucoup les fleurs. La pauvre ! Si elle voyait "tout ça" ! Son mari lui dit qu'il faut faucher. Mais elle n'est pas d'accord. C'est si joli toutes ces fleurs. Et puis tout le monde le lui dit. Du coup, elle étête vaguement les "vraies" mauvaises herbes, en laissant les fleurs. Elle me propose de déterrer celles qui m'ont émerveillées, si je veux les transplanter dans mon jardin. Je ne me le fais pas dire 2 fois et vais chercher une bêche et une grande bassine. Je sais qu'elles souffriront du transfert, mais j'ai quand même envie d'essayer. Au moins pour en recueillir les semences. Quand je m'en vais, la dame me propose gentiment de revenir en chercher si j'en veux davantage. Je lui dis que sa mère serait peut-être contente de voir que ça fait encore plaisir à quelqu'un. Elle acquiesce, en souriant. Le mari apparaît, lui aussi, curieux et visiblement content de me faire plaisir. Il m'abreuve de conseils pour un bon repiquage. Je lui promets de venir lui dire si ça a marché. Il s'en réjouit.

IMG_6003.JPGEntretemps, internet m'apprend qu'il s'agit du pavot des jardins. Plus précisément du pavot somnifère (papaver somniferum). Si, si, c'est bien la plante avec laquelle on produit l'opium ! En principe, c'est interdit, mais largement toléré.

<- Et voilà ce que ça donne dans mon jardin. Une seule fleur épanouie, mais plein de boutons en attente.

Je me ferais bien un petit coin de chanvre thérapeutique en plus. Ben quoi, ça ne fleurit pas, mais le feuillage est décoratif, non ? Mais là ce n'est pas forcément la police, mais mon mari que j'aurais sur le dos ! ;o)

26/05/2014

Encore une demande de prêt !

Ma fille aînée a la possibilité de partir en vacances avec son amie (frais partagés), pour un prix défiant toute concurrence. Mais ce montant, aussi bas soit-il, elle ne le possède pas. Donc, elle demande à Maman ! Une demande directe cette fois (non déguisée ou suggérée).

D'emblée, je lui réponds que ça me pose un problème de conscience. Elle dit comprendre. Que si ça ne va pas, ce n'est pas grave, elle n'en fera pas une maladie. Je lui rétorque que ce n'est pas une question de "ne pas aller" et lui demande comment elle comprend ma réaction. Elle préfère ne pas émettre d'hypothèse, mais plutôt que je lui donne ma façon de voir. Je lui explique donc que pendant une période, elle ne m'empruntait plus d'argent, mais que depuis quelque temps, elle m'en demande à chaque fin de mois. Alors maintenant, en plus, ce n'est pas simplement pour vivre, mais pour partir en vacances. Elle accepte mon explication et m'assure qu'elle n'est pas trop déçue. Plus tard, elle me dira rester positive. Une autre opportunité s'offrira peut-être, et même une meilleure.

Contrairement à mon habitude, en réévaluant la situation à posteriori, je ne culpabilise pas (même si Chloé trouvera peut-être que je devrais). Il faut dire que sa saine réaction me rend la chose facile. Il me revient aussi en mémoire que l'année dernière, ça ne s'était pas si bien passé que ça. Elle était revenue épuisée et Bébichon super énervé d'avoir passé une semaine avec 2 grandes filles qui se disputent méchamment à tout bout de champ et se font crier dessus par leur mère.

Le lendemain, ma fille tient à me préciser qu'elle n'est pas retombée dans un système de dépenses inconsidérées, mais que son manque d'argent mensuel provient du fait que l'année dernière, elle m'a donné tout son pécule de vacances, en remboursement (partiel) d'un gros emprunt antérieur. Elle n'a donc aucune réserve. Même sans ce pécule, il me semble pourtant qu'à défaut d'épargner, elle devrait pouvoir finir le mois. Cela ne me convainc qu'à moitié, mais me touche quand même. Elle me précise qu'elle n'a pas l'intention d'insister pour ce prêt, mais qu'elle tenait à m'expliquer le pourquoi et le comment, surtout pour que je ne m'inquiète pas au sujet de sa tendance aux dépenses compulsives. Elle n'est pas retombée dans ses travers.

Toute cette discussion est faite dans la clarté et la bonne entente. Ça fait plaisir !

Ce matin, la question revient sur le tapis. Tiens, tiens ! Ma fille s'amuse en m'annonçant qu'elle a une nouvelle demande à formuler et que ce sera peut-être encore plus difficile pour moi d'y répondre. Aïe ! Elle me doit, en effet, encore une dernière partie du gros emprunt qu'elle m'avait fait et que je mentionne plus haut. Aucune date de remboursement n'avait été fixée. "Si je m'en sers pour mes vacances et que je te rembourse plus tard, ça t'irait ?" Décontenancée pendant un quart de seconde, je ne sais pas comment j'ai fait preuve d'autant de créativité (de lâcheté peut-être ?) en lui répondant : "Et bien, je te demande d'y réfléchir toi-même et d'y répondre en conscience. Je ferai selon ce que tu en déduiras". Ne s'attendant pas à ça, elle me fait un "Rhhhooo" de déception. Évidemment, faire appel à sa propre réflexion, c'est plus délicat que de demander simplement à quelqu'un d'autre.

J'ajoute toutefois, pour alimenter sa réflexion : "tu n'aurais pas l'impression de partir en vacances avec mon argent ?" Elle rit : "Non, je serais tellement contente de partir que je ne penserais à rien d'autre. Ce n'est pas non plus comme si tu te privais pour moi. Si tu n'avais pas le sou, bien sûr que je ne te demanderais rien." Ben, il ne manquerait plus que ça !

La conversation stagne un peu. Du coup, je lui demande comment s'est passé son dimanche. Ensuite, je reviens au sujet initial : "Alors, tu réfléchis ou tu me réponds tout de suite ?" Elle commence par invoquer que son amie a déjà dit à ses enfants qu'ils partiraient en vacances, ce qui tomberait à l'eau si ma fille ne participe pas. De plus, son amie a obtenu du père de l'une de ses filles de la ramener plus tôt, ce qui n'était pas gagné. En mon for intérieur, je me dis que ça n'est pas une raison pour moi de changer d'avis. Mais aussi qu'apparemment ma fille tenait pour acquis que j'accepterais. Vendre la peau de l'ours, elle a toujours fait ça. Beaucoup moins maintenant quand même. Elle me dit aussi que le prix de ces vacances comprenait la piscine et le zoo gratuits. Si elle fait des activités tout en restant à la maison, ça lui coûterait aussi. Je lui fais remarquer qu'il y a des activités moins chères que celles qu'elle me cite (genre parc d'attraction). Puis, je lui demande ce qu'elle ferait "si maman n'était plus là" ? "Ben rien, évidemment", me dit-elle. Mais non rétorqué-je, il reste les plaines de jeu, les parcs, la mer, les nombreux endroits libres d'entrée ou peu onéreux. Il faudrait s'informer, c'est tout. Surtout qu'elle peut se déplacer gratuitement puisqu'elle ne paie pas l'essence.

C'est alors qu'elle se souvient que son pécule de vacances avait été augmenté de x €. Je me réjouis pour elle : "Et bien voilà, c'est plus que ce que tu me demandes". "Oui mais, je pourrais/devrait te le rembourser" fait-elle avec un clin d'œil dans la voix. Je souris. Voilà qu'elle se fait plus catholique que le pape, mais elle a raison. Elle décide donc "de faire son calcul d'abord". En fait, c'est ça que j'aimerais, en général : qu'elle fasse son calcul ... D'ABORD !