28/06/2013
Entrer en maison de retraite
Ma fille m'a demandé si je pensais parfois au moment où je devrais rentrer en maison de retraite et si ça m'inquiétait. Son père, en effet, en avait une peur bleue. Elle semblait étonnée par ma réponse. Oui, je trouverais ça dur, moi aussi. Ma mère disait qu'elle préfèrait mourir. Pour ma part, je n'irai pas jusque là.
Je pense que les gens ne se rendent pas toujours compte, quand ce n'est pas d'eux qu'il s'agit, de tout ce que cela implique. Il s'agit de quitter un cadre de vie familier, rassurant. De se séparer de la plupart des objets qui nous ont accompagné si longtemps. De quitter une maison, un jardin, un animal de compagnie parfois. Mais ce n'est pas tout. Cela implique aussi de ne plus avoir le choix de sa propre nourriture, de son café, de l'heure des repas, etc. Et quand on devient dépendant physiquement au point de ne plus pouvoir se déplacer seul, il faut attendre la disponibilité du personnel...
À la maison de retraite où je suis maintenant bénévole, il me semble que les gens sont assez satisfaits. Mais je crois que tous préfèreraient être "chez eux". Je trouve qu'on les traite de façon respectueuse. Je crois que le temps où on infantilisait les personnes âgées est révolu. Quoique cela doit encore arriver. Ainsi, j'ai entendu une jeune femme qui y travaille refuser à une dame en chaise roulante de la reconduire dans sa chambre. "Non, non, non, on ne peut pas ! Il faut rester ici !" Penaude, la dame n'a pas insisté. Plus tard, la responsable des activités (qui n'était pas là au moment de l'interdiction) a demandé à cette même dame si elle voulait partir. Elle lui a répondu : "Oh, il y a longtemps que je l'ai demandé". Des petites anecdotes de ce type montrent quand même les frustrations qu'on peut subir quand on ne peut plus se débrouiller seul. Je ne sais pas s'il y avait une raison pour interdire à cette dame de quitter le salon. Quand je serai un peu plus au courant de ce qui se passe, je me sentirai le droit d'intervenir, avec tact, bien sûr, si possible.
Il faut avoir atteint une grande sagesse pour entrer sereinement en maison de retraite. L'aurais-je si cela doit m'arriver un jour ?
17:38 Publié dans Maison de retraite | Lien permanent | Commentaires (7)
21/06/2013
Yoga
J'ai repris des cours de yoga depuis quelques mois. Et voilà que le prof part en vacances pour 2 mois. Plus même, puisque la dernière séance a eu lieu 12 juin. Et que font les élèves pendant ce temps-là, livrées à elles-mêmes ? Courageusement, je prends mes renseignements au centre de fitness. Pareil : pas de cours de yoga en juillet et en août. Va falloir que je me drille et que je m'y mette toute seule. J'ai tout ce qu'il faut pour. Une série de cassette audio tout à fait convenable. Le hic, c'est que toute seule c'est bien plus difficile ! Pas d'horaire. Pas d'émulation. Pas le temps ... Oui, vous savez bien que les retraitées n'ont le temps de rien. Je crois que je vais me laisser inspirer par Mika. Pas de panique, je ne ferai pas de photo ;o). Mais est-ce bien un asana qu'elle nous fait là ? Les yeux révulsés font un effet étrange, non ? Comme si elle faisait une crise. Ou alors, c'est le nirvana ? En fait, elle dort profondément. À défaut de yoga, on se détend comme on peut, hein !
En même temps, vous voyez sa cicatrice, qui m'a donné tant de souci au début. Elle faisait une allergie au fil chirurgical. Tout est rentré dans l'ordre maintenant.
16:30 Publié dans Mes amies les bêtes | Lien permanent | Commentaires (21)
17/06/2013
"Autodiagnostic amoureux" - Bénédicte Ann (3)
Voici les derniers extraits de la conversation de Bénédicte Ann avec ma fille qui me paraissent les plus importants :
Ta sœur était plus outillée que toi vis-à-vis de la rudesse de votre père. De temps en temps, elle le recadrait pour lui montrer qu'il n'était pas le roi, inversant les rapports. C'est lui qui devenait demandeur de son affection. C'est ainsi que ta sœur s'en sort. Elle est maintenant dans une situation classique : mari, enfants, maison. Alors que toi, l'aînée, il t'utilisait comme punching ball, reproduisant les abus qu'il avait lui-même subis par rapport à son frère cadet. Il ne se rend pas compte ... tout comme XY ne se rend pas compte.
Se reproduit avec ton fils, la même chose que toi : adorer quelqu'un qui donne des miettes. Ta sœur te regardait comme toi tu regardes ton père, comme ton fils regarde le sien... C'est pour montrer qu'il y a un lien.
Plus tard, toi qui est une hyper sensible, tu es allée chercher le mec le plus puissant, le plus violent possible pour essayer d'exister. Tu en crevais, mais au moins tu vivais. Cette bataille contre XY continue de te faire exister (tribunal, etc).
De cette façon, tu ne peux pas rencontrer un mec, parce que XY occupe tout l'espace.
Alors, soit tu continues à te battre et c'est une lutte sans fin. Soit tu te sers de la loi pour te protéger. Tu le fais reconnaître comme pervers (ndr : facile à dire !). Et tu obtiens un accord avec la loi et avec lui . Si tu continues à lui contester le droit à la paternité, tu vas droit dans le mur. Ne pas réclamer de pension alimentaire sous prétexte que tu ne le reconnais pas comme figure paternelle n'a pas de sens. Il est le père biologique. Personne ne peut rien y changer. C'est en reconnaissant son humanité que tu as le plus de chances d'arranger les choses. Sinon, tu rentres dans son abus, tu nourris son abus. Ton fils va plus facilement se construire en étant protégé d'un père pervers qui est reconnu.
Elle fait aussi un rapport entre la fibromyalgie qui serait le prix que paie ma fille pour rembourser une dette qui ne lui appartient pas. (Une faute de sa grand-mère) Là, je trouve qu'elle va un peu vite car cette soi-disant faute, qui n'est certes pas impossible dans l'absolu, n'est pas du tout avérée. Ce n'est que le fruit d'un fantasme de ma propre sœur. De même, elle s'avance à dire qu'elle croit que j'avais plus de considération pour ma fille cadette que pour ma fille aînée. Je me demande sur quelle base.
Mais à part quelques conclusions hâtives sur base d'affirmations approximatives de ma fille, je trouve que le problème est bien cerné.
La question est maintenant : que faire de tout ça ? Bénédicte Ann lui a conseillé de pratiquer l'EFT, de participer à un groupe de parole... et lui a vendu 2 de ses livres. Moitié prix hein !
Je ne voudrais pas terminer sur ce petit sarcasme car ce n'est pas le centre de la question. Je vais voir maintenant ce qui va se passer. Je lui ai demandé hier ce qu'elle comptait faire quant à notre fusion, elle et moi - voir ma note "Autodiagnostic amoureux" - Bénédicte Ann (1). Elle m'a répondu : "Tu sais, je suis fusionnelle de nature, donc ..." En revanche, elle compte faire quelque chose en rapport avec l'état fusionnel dans lequel elle vit avec son fils. Ah bon ? Lui oui, moi non ?! Comme disait B.A., elle aurait l'intention de continuer à "projeter sur moi son besoin de reconnaissance qu'elle n'a pas eu avec son père" ?
09:59 Publié dans Ma grande fille/Bébichon, alias Picolo | Lien permanent | Commentaires (19)


