05/06/2012
Petites magouilles significatives
Ma fille est très stressée depuis l’histoire du doudou perdu. Enfin, disons, encore plus que d’habitude. Et Bébichon fait de nouveau des terreurs nocturnes. Coïncidences ?
Ma fille s’étonne de ne pas m’avoir tout raconté. Elle complète donc sa narration aujourd’hui.
Donc, la semaine dernière, Bébichon avait la varicelle. Ma fille avait donc envoyé un message au centre MIR pour signaler qu’elle ne l’amènerait pas. Une des psychologues l’avait contactée pour proposer d’avancer la prochaine rencontre « parce que le papa avait acheté des cadeaux ». Cela a énervé ma fille car la raison aurait dû être « pour que l’écart entre 2 rencontres ne soit pas trop important » et non "parce que le papa avait des cadeaux". Comme elle tient à se comporter de façon irréprochable et à ne pas se faire mal voir, elle s’est retenue de demander si les cadeaux étaient périssables.
Ce samedi-ci, XY a demandé à la psychologue de s’assurer auprès de ma fille qu’elle viendrait. Cela a encore énervé ma fille. Elle n’a jamais fait faux bond, sauf de façon justifiée, pour la maladie de Bébichon et elle a prévenu. Elle a donc signalé qu’il n’y avait pas de raison pour ne pas venir et que s’il y en avait eu une, elle aurait averti, comme elle l’a fait la semaine d’avant. « Oui, oui, bien sûr, c’est bien ce que je pensais », lui répond la psychologue.
Quand elle est allée, elle a entendu Bébichon rire aux éclats. Elle l’a récupéré rouge et en sueur. Elle s’est exclamée : « Ah, tu t’es bien amusé, hein ! ». La psychologue qui le ramenait a renchéri. « Ah oui, il s’est vraiment bien amusé ! Vous auriez dû le voir ! » Cela a à nouveau énervé ma fille. « Pourquoi elle dit ça ? Pour bien me faire sentir que XY est génial avec son fils et que je n’ai aucune raison de prétendre que XY est un mauvais père ? Je suis sûre qu’il les met toutes dans sa poche !»
Je ne sais pas quelle était l’intention de cette personne. Rassurer ma fille peut-être, sans arrière-pensée. Mais toutes ces petites remarques (il y en a eu d’autres au fil du temps) ont le don de créer des tensions dans ce climat de rencontre quand même spécial.
Mais je voulais surtout raconter l’anecdote suivante, qui pourrait s’avérer intéressante pour la suite. Xy aurait donc acheté des cadeaux (au pluriel) et s’impatientait de pouvoir les donner à son fils. Le rendez-vous avait lieu à 9h30 du matin. Il est arrivé avec un quart d’heure de retard, ce qu’il a justifié de quelconque manière, on peut compter sur lui pour trouver une raison crédible. Il a apporté un cadeau, pas plusieurs. C’est un détail de peu d’importance, mais cela dénote de sa propension à en rajouter. Même pour les choses les plus anodines, il faut qu’il « arrange » la vérité.
La psychologue explique à ma fille que « monsieur a essayé le cadeau, mais il ne marchait pas. Il vous a mis le ticket, comme ça vous pouvez aller l’échanger. » Déjà, je trouve qu’il aurait pu aller l’échanger lui-même. C’est un peu cavalier d’offrir un cadeau qui ne fonctionne pas. Et il a le temps, puisqu’il est chômeur. Mais finalement, c’est très bien qu’il ne l’ait pas fait car la preuve est ainsi faite qu’il a encore menti. Il n’avait pas encore de cadeau la semaine précédente, contrairement à ce qu’il a prétendu. En effet, le ticket date du jour même de la rencontre ! Il sera passé l’acheter juste avant de venir. C’est d’ailleurs probablement la raison pour laquelle il est arrivé en retard. Le but, en demandant de rapprocher la prochaine rencontre, était uniquement d’attendrir en se faire passer pour le pauvre papa qui reste sur le carreau avec "ses" cadeaux qu'il ne peut pas donner à son bébé. C'est fin, je trouve. Et ça marche, probablement.
Ce sont de petites magouilles de rien du tout, je le sais bien. Mais cela dénote de l’état d’esprit de l’homme. Ça ne changera pas drastiquement l'opinion de la juge, mais ma fille va quand même demander que ce soit acté dans le rapport.
23:03 Publié dans Ma grande fille/Bébichon, alias Picolo | Lien permanent | Commentaires (7)
04/06/2012
Mes motivations
Stef me pose une question à propos de ma note précédente :
« Quel événement a pu t'inspirer cette remise en question, cette introspection envers tes propres motivations ? Quel a été l'élément déclencheur ? »
Quand j’ai eu la preuve que la personne en question avait menti, qu’elle avait utilisé un stratagème que je n'expliquerai pas ici et qu’elle n’avait pas le courage de ses opinions, j’ai eu envie, pendant quelques secondes, de la mettre en cause publiquement. Je n'ai pas trouvé ça très joli de ma part. Ensuite, j'ai voulu en parler avec elle en aparté. C'est alors que cette phrase m'est revenue en mémoire.
« Ne critiquez pas les défauts des autres. N’essayez pas de les changer. Examinez plutôt quelle est la part de ce défaut qui existe en vous et travaillez-y. »
C’est ce que j’ai fait en écrivant ma note Hypocrisie et critique.
Je remercie Stef de m’avoir posé une question qui me permet d’aller plus loin dans mon examen de conscience. Car si j’ai recherché en moi la part existante du défaut découvert chez l’autre, je n’avais pas examiné ce qui me poussait, dans un premier temps, à réagir envers cette personne. Je me suis donc mise à me questionner à propos de ma motivation.
« Mettre en cause publiquement », comme j’ai qualifié ma première impulsion, n’est-ce pas tout simplement une dénonciation ? Pas joli le terme n’est-ce pas ? Pourtant l’idée m’en était venue. Je pensais ainsi « faire la vérité ». Mais tout de suite, je me suis rendue compte que ça n’aurait servi qu’à noircir inutilement la personne. Outre le fait de mettre en valeur mon intuition première (j’avais supputé le mensonge et le trucage) ainsi que ma perspicacité de détective ! lol ! Quel piètre gloire pour mon ego !
Alors, plutôt discuter en face à face avec la personne. Mais pourquoi ? Lui faire la leçon ? Lui faire prendre conscience ? De quoi ? Celle qui s'est comportée ainsi sait bien ce qu'elle a fait et le fait de s’en cacher prouve qu’elle n’en est pas fière. Ou qu’elle a peur du jugement.
J’ai donc décidé d’appliquer le conseil de sagesse qui m’avait interpellée et je suis allée voir dans ma propre conscience.
09:16 | Lien permanent | Commentaires (31)
03/06/2012
Hypocrisie et critique
Il y a quelque temps, de clic en clic, j’étais arrivée sur une phrase dont je ne me souviens malheureusement plus exactement. Je la reproduis donc ici, très approximativement, comme je l’ai comprise.
« Ne critiquez pas les défauts des autres. N’essayez pas de les changer. Examinez plutôt quelle est la part de ce défaut qui existe en vous et travaillez-y. »
Cela me revient aujourd’hui, car je viens de découvrir accidentellement la preuve qu’une personne a joué le jeu de l'hypocrisie. Auparavant, je ne faisais que le soupçonner. Cette personne a aussi émis des critiques assez virulentes qui m'ont choquée. Ma première réaction fut d’en faire une note sur mon blog. Ma deuxième, d’en parler à l’intéressée. Finalement, je ne ferai ni l’un ni l’autre et je n’en dirai pas plus, pour ne pas tomber dans le piège de la critique, justement. De toute façon, même si je n’aime pas le mensonge, j’ai plus de tolérance actuellement que je n’en avais par le passé.
La démarche est donc de m’examiner, afin de déceler en moi l’hypocrisie, le mensonge, le faux-semblant, le jugement.
J’avais déjà souvent entendu ou lu que lorsqu’on remarque quelque chose de désagréable chez l’autre, on l’avait nécessairement en soi. Cela me choquait. Jusqu’à ce que je comprenne que cette chose horrible, découverte chez autrui n’était peut-être en moi qu’à l’état minimum, voire latent. Car effectivement, si par exemple on n’avait jamais éprouvé de la jalousie, comment la reconnaîtrait-on ailleurs ?
Est-ce que je mens ? C’est extrêmement rare. En revanche, il m’arrive régulièrement d’omettre certains faits, certaines pensées, ce qui est parfois assimilé au mensonge. En tout cas, j’essaye de plus en plus d’être vraie. « Authentique », comme le disait le titre de mon blog précédent sur psycho.com. Je suis encore loin d’atteindre le sommet, mais je progresse. Notamment dans le fait de me justifier. Là où j’ai encore beaucoup de mal, ce sont les cas où je pourrais blesser en disant « la vérité ». Où est cette vérité d’ailleurs ? Qui la détient ? Que dire, à qui et dans quel but ?
Est-ce que je me montre meilleure que je ne suis ? Je crois que oui. Dans le sens où je ne montre pas forcément grand-chose de mon côté sombre. Si ce n’est aux proches très intimes. C’est-à-dire, à très peu de gens. C’est un des aspects du mensonge par omission, dont je parle au chapitre précédent. Ceci dit, il faut être fort pour se dévoiler complètement. Je ne me sens pas aussi forte.
Est-ce que j’ai le courage de mes opinions ? Est-ce que je pourrais, par exemple, écrire une lettre anonyme ? Je ne l’ai jamais fait, mais il m’est arrivé d’en avoir l’idée. Non, je n’ai pas toujours le courage de mes opinions. Et surtout, je ne suis pas forcément prête à en subir les conséquences.
Est-ce que je critique ? J’aimerais bien pouvoir dire que je critique les comportements, sans juger la personne en tant que tel. C’est souvent vrai, mais pas toujours. Donc, oui, je critique et je juge. Y a du travail !
Il y a probablement d’autres pistes à explorer sur le sujet, mais c’est déjà un départ qui me permettra, je l’espère, de m’améliorer.
19:46 | Lien permanent | Commentaires (12)


