19/06/2012
Le moment présent
J’avais lu Conversation avec Dieu qui m’avait beaucoup apporté et je cherchais quelque chose qui complète ou alimente ma recherche dans ce sens. Quand j’ai feuilleté pour la première fois le livre de Eckhart Tolle, Le pouvoir du moment présent, j’étais tombée sur l’expression « corps de souffrance » et ça m’avait rebutée. Je sentais cependant que je « devais » m’y intéresser et j’y suis donc revenue plus tard.
Je ne l’ai pas trouvé très facile à lire et je n’ai d’ailleurs pas tout compris. Quoi de plus normal quand on sait que l’auteur tente d’expliquer des concepts qui sont en-dehors du mental. Mais il m’a quand même fait beaucoup d’effet. J’y reviens aujourd’hui à la suite d’une remarque de Stef qui me dit hier sur son blog : « tu lis et te revendiques d'un auteur comme Eckart Tolle, et d'un autre côté, tu ne cesses de faire des projections sur l'avenir de Bébichon, ou d'anticiper les actions de son père ». Je n’ai pas du tout vu le lien avec la discussion qui était en cours et qui se rapportait au fait de produire des émotions réelles, en rêvant, visualisant, imaginant des choses en esprit. Mais peu importe.
La vraie question est de savoir si j’applique ce en quoi je crois. À vrai dire, je n’ai jamais eu cette prétention, du moins pas de façon systématique. D’ailleurs, je réponds à Stef que, comme pour les régimes, il est plus facile d’en parler que de mettre en pratique. Mais si je n’ai pas atteint l’illumination, le germe pousse en moi, tout doucement. Tout comme je limite le chocolat ou l’huile de palme, après 30 ans d’addiction assidue, je fais de plus en plus attention à ne pas me laisser envahir par des idées ou des émotions négatives et je me rappelle régulièrement qu’il faut faire confiance à l’univers.
Ceci dit, vivre le moment présent ne signifie pas de ne pas penser à l’avenir, mais de n’y consacrer que le temps nécessaire. C’est Eckhart Tolle qui le dit. Quand nous cherchons du travail, quand nous prenons une assurance, quand nous réfléchissons à l’éducation de nos enfants, quand nous ouvrons un compte d’épargne, c’est dans le but d’assurer l’avenir. Car vivre le moment présent, cela ne signifie pas ignorer le futur. Le problème survient quand on s’angoisse, qu’on rumine, qu’on fait des projections négatives.
Nous y voilà ! Les projections négatives ! Est-ce que j’en fais, moi ? Mais bien sûr ! Lola me l’a encore gentiment fait remarquer dernièrement, quand j’ai cru qu’elle ne souhaitait plus que je lise son blog. Il m’est arrivé aussi de me laisser aller brièvement à des scénarios catastrophes dans le cadre de « l’affaire Bébichon et son père ». Mais il y a projection et projection. Comment éloigner toute crainte quand on voit XY charmer le personnel du centre où il rencontre son fils ? Quand on voit comment Bébichon s’attache à ce papa si rigolo et joueur. Mais qu’on sait qu’il ne s’agit que de montrer une belle image. Quand on entend le ras-le-bol de la nouvelle compagne d’un XY qui est loin d’avoir changé et qu’on voit l’état du petit xy, son fils aîné. La peur est une émotion primaire normale. Je considère que de tenter de l’ignorer serait du refoulement qui risque alors de se transformer en angoisse ou en anxiété. Je ne sais pas la différence entre les deux. Je parle de cet état de mal-être psychologique et physique diffus dont on ignore l’origine. Ma technique depuis quelque temps déjà, c’est de laisser venir l’émotion quelle qu’elle soit, la peur en l’occurrence, de la ressentir dans la tête et dans le corps. D’écouter ce qu’elle a à me dire. Au bout d’un moment, elle se dissipe. Je peux ensuite voir les choses avec plus d’apaisement et me concentrer sur les aspects positifs d’une situation particulière ou de ma vie en général. Ce n’est pas une technique préconisée par Eckhart Tolle, je l’admets, mais elle me convient. Je me demande ce qu’il en penserait.
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Désillusion

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17/06/2012
Mon étrange cousin
Plumes parle de son étrange voisin. Moi, il s’agit de mon étrange cousin.
Suite à sa carte étonnante demandant si notre amour existe toujours, j’avais fait une note et réfléchi longtemps avant de lui répondre, afin qu’il n’y ait pas d’ambiguïté quant aux sentiments que je lui porte. Vos commentaires m’ont aidé en ce sens.
Il me répond par mail qu’il a cru que je ne voulais plus avoir de contact avec lui. Tout d’abord parce que j’avais changé mon adresse mail. Il en avait conclu que c’était dirigé spécifiquement contre lui. D’autre part, parce que je n’avais pas répondu à sa lettre de l’année dernière, ce dont je me suis excusée.
Il me parle aussi de sa longue dépression, de son enfance sans amour, de sa vie dont l’amour d’une femme a toujours été absent. De son manque de sexualité. De la déception que mon attitude a provoquée. Du manque que cela a créé, vu qu’il ressent de l’amour pour moi.
Ce mot « amour », toujours un peu ambigu selon moi dans son discours, et qu’il n’avait jamais utilisé de cette façon auparavant, continue de me gêner. Je lui réponds point par point, avec toute la délicatesse dont je suis capable. Je lui précise que mon « affection » pour lui « en tant que cousine » existe toujours, même si elle ne s’exprime pas, même si nous n’avons aucun contact, mais qu’elle ne crée en moi aucun manque. Je me dis que c’est peut-être un peu dur à entendre, mais tant pis. C’est comme ça et ce n’est pas méchant. Je veux quand même rester authentique.
Il ne me répond pas tout de suite, puis il m’envoie un mail où il semble beaucoup plus positif. Il me remercie chaleureusement pour ma réponse et se réjouit que le contact soit renoué entre nous. Avant de me répondre plus précisément dans un prochain mail, il tient déjà à me remercier, me demande de parler un peu de moi et de lui envoyer des photos de ma famille.
Il prend aussi des nouvelles de ma fille aînée qu’il a rencontrée il y a quelques années et qui l’avait beaucoup impressionné par son assurance. Je ne serais pas étonnée qu’il ait eu un faible pour elle. Il me demande ce qu’elle fait comme métier et ce qu’il en est de ma fille cadette. Elle aussi lui avait plu, il y a encore plus longtemps. Il m’avait dit que c’était avec ce genre de femme qu’il se voyait faire sa vie. C’est d’autant plus étonnant que mes filles sont très différentes.
Il me propose de nous rencontrer en juillet, lorsqu’il fera son déplacement annuel à Bruxelles.
Quelques jours plus tard, avant même que je lui aie répondu, il m’envoie un nouveau mail : « Meilleurs vœux à ma chère famille à Bruxelles et un bon week-end de détente – Beaucoup de force à vous »
Plus tard, dans la même journée : « Chère Quantique, je vais bien. J’espère que tu ne trouve pas que j’écris trop … ??
S’il te plaît, pourrais-tu me donner l’adresse postale, ou seulement l’adresse mail de ta fille aînée ?
Bien le bonjour à ton cher (le nom de mon mari) »
Il doit être vraiment paumé, le pauvre, pour se raccrocher ainsi à moi. Car même si nous avions davantage de contacts auparavant, cela restait épisodique. Deux fois par an tout au plus. Passer à deux fois par jour, c’est effectivement un peu beaucoup. Mais bon, ça ne va pas durer, j’imagine.
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