18/10/2013
Mensonge et relativité
Le père de Léonarda, Resat Dibrani, est kosovar. Il a quitté le Kosovo au début des années 70 et s'est marié en Italie. Sa femme et ses enfants n'ont rien à voir avec le Kosovo. Il a cependant tenté de faire croire qu'ils venaient tous du Kosovo, afin d'obtenir plus facilement des papiers en France.
Le reporter lui fait remarquer qu'il a menti. L'homme se récrie : "Je n'ai pas menti, c'était pour avoir les papiers." !
Je ne vais pas ici juger l'acte de cet homme. Je veux simplement faire remarquer la relativité du mensonge, ou plutôt de sa justification. La notion de bien ou de mal dans le mensonge a des limites élastiques. Même Dieu ne reprochera pas aux religieux d'avoir caché des enfants juifs et d'avoir menti à la Gestapo. Il y a aussi le mensonge diplomatique, et toute la panoplie des avis contradictoires pour le réprouver ou au contraire le tolérer, voire l'encourager.
Il fut un temps ou j'étais intransigeante dans ce domaine. Je ne supportais pas le mensonge et m'efforçais d'extirper des aveux aux gens qui le pratiquaient. Mon attitude a changé depuis. Je laisse aux gens leur responsabilité, sauf si cela met en cause quelque chose d'important ou quelqu'un. Car je pense qu'ils masquent la vérité pour se protéger. Je ne suis pas dupe, je ne fais pas semblant d'y croire, mais j'évite de mettre leur mensonge en évidence.
C'est bien plus reposant pour tout le monde !
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