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24/03/2012

Troisième rencontre

Bébichon connaît son père maintenant. Samedi de la semaine dernière, quand ma fille l’a conduit au centre MIR, il a accompagné sans rechigner une bénévole qu’il n’avait jamais vue auparavant. Il savait très bien où il allait et qui il allait voir. Et apparemment, il s'en réjouissait. Il a même fait un câlin à son papa. Ma fille se disait satisfaite. Tout se passait bien. J’étais un peu étonnée de sa réaction positive. Pour ma part, j’étais mitigée car si XY arrive à ne montrer que son beau côté, il obtiendra des droits plus étendus et sera alors hors contrôle. Elle précisera plus tard qu’effectivement, elle était contente que Bébichon sache maintenant qu’il a un papa, comme les autres enfants, qu’il le connaisse et que les échanges soient positifs. C’est une belle façon de vivre le moment présent. Mais elle craint bien sûr le choc et la déception, plus tard, quand il découvrira qui il est. Elle réfléchit beaucoup à la façon de gérer cet « après », qu’elle souhaite voir arriver le plus tard possible. Et à ce qu’elle expliquera alors à Bébichon, avec des mots qu’il puisse comprendre.

Pendant une partie de cette rencontre, ma fille a joué à un jeu de société avec le petit xy.  C’était une bonne idée, étant donné que l’enfant parle peu. Elle a pu constater qu’à près de 8 ans, alors qu’il recommence sa première année primaire, il lit très mal des mots assez simple,  comme « Maria ».  Ma fille lui a soufflé : « Mmmm… ». Il a dit alors « Marie », non « Maria ». Elle croit qu’il sait, mais qu’il n’ose pas, de peur d’être rabroué, comme il en l’a l’habitude. Elle le trouve complètement renfermé. Elle envisage de demander un droit aux relations personnelles, comme peuvent l’obtenir les grands-parents, par exemple. Mais son avocate lui a formellement conseillé d’attendre.