08/08/2026
Groenland, Iran, Vénézuela, Burkina Faso ...
Je ne voulais pas parler de ma fille aînée, mais je n'y résiste pas. Juste quelques anecdotes.
Elle ne croit plus que Trump va sauver le monde, mais elle lui donne toujours raison pour ce qu'il fait et dit.
- Il a raison de vouloir annexer le Groenland parce que sinon l'économie américaine va péricliter.
- Il a raison d'attaquer l'Iran. D'ailleurs les Iraniens sont bien contents.
- La carte rouge qu'il a demandé à la FIFA de supprimer. "Oh, bah, ce n'est pas la première fois que des choses pareilles se passent. Je réplique : "Mais c'est la première fois qu'un président intervient pour changer la décision d'un arbitre !" Ben, on ne sait jamais ce qui se passe à notre insu, des magouilles il y en a toujours eu et il y en aura toujours. (sous-entendu un autre président l'a peut-être déjà fait sans qu'on en sache rien). Parfois on se demande s'il y avait vraiment faute." Bref, elle minimise et même aurait tendance à être d'accord.
Pour le reste, il y a peu de temps, elle m'affirmait, sans que j'aie rien demandé à ce sujet, qu'elle ne s'intéressait plus au complots. Elle en avait fait le tour. Je n'ai pas réagi. On verra ...
Au mois de mai 2019, elle avait eu une prémonition. Elle sentait que quelque chose de grave allait arriver. Et le COVID est arrivé. Cette année, au mois de mai, elle a eu le même genre de prémotion. Donc, quelque chose de dramatique devrait apparaitre. Il n'y a pas de date. Donc, si quelque chose se passe dans six mois, un an, deux ans ... on pourra dire qu'elle avait raison.
À la maison de retraite, on a demandé au groupe de discussion dans quel pays ils aimeraient vivre si jamais il leur fallait quitter la Belgique. J'en parle à ma fille et lui demande où elle voudrait aller au cas où. Elle réfléchit 2 secondes puis déclare : "« Le Vénézuela car la vice-présidente a l’air cool. » Ah bon ?! Pour une fois ce n’est pas quelqu’un d’extrême-droite. Même carrément d’extrême-gauche. Extrême quand même alors qu’elle prétend ne pas aimer l’extrémisme. Elle disait aussi par le passé craindre davantage l’extrême-gauche que l’extrême-droite. Même si en même temps elle affirme régulièrement que la gauche et la droite n’existent pas, ou plus. La vice-présidente par intérim du Vénézuela applique un régime autoritaire marqué par une forte centralisation et la répression de l’opposition. Je m’étonne : « Et pas les Etats-Unis ? » - « Boh, non » Elle cite aussi le Burkina Faso. « Le dirigeant a l’air bien aussi. » Même topo : Ibrahim Traoré dirige le pays suite à un coup d’Etat. Il applique un régime autoritaire, anti-démocratique, muselant les médias et réprimant les opposants. Mais en quoi donc ces dirigeants sont-ils « cool » ?!
Sinon, psychologiquement, elle ne va pas trop mal pour le moment.
19:30 Publié dans Ma grande fille/Bébichon, alias Picolo | Lien permanent | Commentaires (0)
07/04/2025
La terre, la lune, le Capitole
Ma dernière note date du 1er juin 2004, ça fait un bail ! Comment les choses ont-elles évolué avec ma fille aînée ?
Depuis le 23 mai 2024, jour où elle m'a quasi suppliée d'arrêter les discussions qu'elle-même pourtant relançait sans cesse, les choses se sont calmées. Du coup, je ne savais jamais si ses idées avaient évolué ou si simplement elle se taisait à propos de tous ces complots et de la politique. Je me suis bien gardée de lui poser la question.
Le 11 septembre 2024, j'ai su ce qu'il en était. J'étais chez elle pour aider son fils dans son travail scolaire. C'est lui qui a allumé la mèche en parlant d'Apollo 11 et des astronautes qui ont marché sur la lune. Elle s'est énervée contre lui. Je n'ai pas dit un seul mot. Ensuite sont venus d'autres sujets complotistes. Il y a eu un bref échange un peu tendu pour l'un des sujets. Puis j'ai repris ma position passive. J'ai attendu qu'elle déroule le fil de la bobine, estimant qu'elle finirait bien par s'arrêter. Je n'ai pas chronométré, mais ce fut long.
Le 20 novembre 2024, elle évoque une vidéo rigolote à propos de Trump sans trop s'attarder. Je ne réagis pas. Ensuite c'est à propos de Poutine. Je réponds à une seule de ses remarques avant de me rappeler qu'il vaut mieux se taire, ce que je fais pour le reste de la discussion. Enfin, de son monologue plutôt.
Le 2 janvier 2025, je papote au téléphone avec ma fille cadette. Elle me raconte qu'elle et sa sœur ont reparlé de la terre plate car elle ne comprenait pas qu'on puisse douter que la terre soit ronde. Ça m'étonnait qu'elles en discutent, ma fille cadette fuyant ce genre de conversations d'habitude. Il faut dire qu'elles s'entendent bien ces derniers temps. On dirait qu'elles ont résolu certains conflits datant de l'adolescence. C'est cool ! Elles ont aussi reparlé de Trump et notamment de la grâce qu'il avait accordée aux assaillants du Capitole. Cela choquait ma fille cadette. Ma fille aînée lui a répondu : "Ben quoi ? Biden a bien grâcié son fils." Mon sang n'a fait qu'un tour en entendant cet argument. Heureusement que je n'étais pas présente. Je ne crois pas que j'aurais pu me taire.
Depuis, il ne s'est plus rien passé. Depuis l'arrêt des discussions, il n'y a finalement eu que 2 dérapages sur près d'un an et ils n'ont pas dégénéré. Celui à propos des assaillants du Capitole ne compte pas puisqu'il ne s'est pas produit en ma présence. Ce n'est pas si mal tous comptes faits.
23:55 Publié dans Ma grande fille/Bébichon, alias Picolo | Lien permanent | Commentaires (17)
01/06/2024
Un florilège de mes défauts
J'ai fait un petit récapitulatif des reproches que ma fille m'a adressés ces quatre derniers mois :
- Je vis dans un monde de bisounours
- Je suis injuste
- Je suis endoctrinée
- Je manque d'objectivité
- Je manque d'ouverture d'esprit
- Je manque d'empathie
- Je manque de tolérance
- Je suis de mauvaise foi
- Je me braque
- Je m'accroche à mes croyances
- Je ne la respecte pas
- Je la fais se sentir chtarbée
- Je la fais se sentir nulle
- Je la regarde comme si elle était bête.
Comme je le raconte dans ma note précédente, j'avais demandé par mail à ma fille un ou deux exemples de ma mauvaise foi. La sagesse aurait sans doute été de m'abstenir. Mais, piquée au vif, j'ai voulu savoir.
Comme après une semaine, elle ne m'avait pas répondu, je lui ai envoyé un petit rappel gentil. Plusieurs jours plus tard, après m'avoir dit qu'elle avait bien reçu mon mail, mais qu'elle n'avait pas encore eu le courage de me répondre, tout à coup elle change d'avis et m'écrit qu'elle ne me répondrait pas. Qu'elle passe à autre chose.
J'insiste encore arguant du fait qu'après tant de reproches, j'avais bien droit à une réponse à la seule question que je lui posais. Elle ne répond pas. Quelques jours plus tard, je suggère moi-même un exemple de ma supposée mauvaise foi. Est-ce l'affaire Pfizer ? Elle me répond un "oui" laconique. Je demande quel élément précis Et là, elle part en vrille. Maintenant qu'elle avait enfin réussi à fermer la porte à sa colère, je la relançais "tous les jours". Pourquoi est-ce que je voulais des exemples alors que je n'avais pas l'intention de me remettre en question ? Elle me les avait déjà tous donnés et répétés plusieurs fois pour certains. C'est totalement faux. Elle confond avis contraire et mauvaise foi. Bref, ça part dans tous les sens. J'essaie à chaque fois de remettre les choses en place car elle transforme et interprète librement les faits. Elle finit par me dire qu'elle n'en peut plus. Qu'elle retire tout ce qu'elle a dit. Qu'elle me demande pardon pour tout. J'ai l'impression qu'elle est en plein désarroi, mais il est clair que c'est aussi une façon de me dire de la laisser tranquille, sans plus. Je déclare forfait. Je ne saurai pas en quoi consiste ma mauvaise foi. Ce n'est pas si grave, j'y survivrai ...
Le lendemain, elle se prend la tête avec sa sœur, sur d'autres sujets, mais également à mon propos. Celle-ci a expliqué ma position difficile, mon inquiétude. Le ton est monté. Elles se sont quittées fâchées. Le lendemain elles se sont réconciliées.
Je l'ai revue une semaine plus tard. Je me demandais dans quel état moral j'allais la trouver. Contrairement à ce que j'avais pu craindre, elle était joviale et sympa. Le climat était serein. Moi j'ai mis un temps avant de me détendre. Elle a évoqué brièvement sa discussion avec sa sœur, sans animosité. Je l'ai écoutée sans rien y ajouter. Ce n'était pas difficile. Elle ne me demandait pas mon avis. Pour le reste, j'ai fait comme elle. Comme si rien ne s'était passé.
Je suis soulagée. Mais cette fois, il faudra que je me tienne à une ligne de conduite claire. Il ne faut plus qu'elle me parle de complots, d'extraterrestres ou de politique. Soit je n'y répondrai tout simplement pas si nous parlons en tête-à-tête, soit je l'inviterai à changer de sujet, surtout si nous sommes en famille.
01:32 Publié dans Ma grande fille/Bébichon, alias Picolo | Lien permanent | Commentaires (11)


