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26/10/2013

De sourire en sourire

Ce matin, je vais à la pharmacie avec mes toutoutes. Un jeune homme s'intéresse à Mika, lui fait des signes de la tête et lui sourit de façon comiquement appuyée. Je devine pourquoi. Quand je suis servie, il m'interpelle et me demande quelle est sa race. Je lui réponds qu'elle est probablement croisée avec un chihuahua. Je lui demande s'il n'a pas l'impression qu'elle sourit. "Mais oui, effectivement", dit-il. Je lui explique que quand elle est un peu tendue, les coins de sa gueule ouverte tirent vers l'arrière, ce qui donne l'impression qu'elle sourit, ce qui n'est pas vraiment le cas. "Ah, c'est ça, dit le jeune homme, lui souriant une dernière fois". Comme quoi, on peut mal interpréter le langage corporel animal, comme celui des humains d'ailleurs. (Non, Chloé, je n'ai pas dragué ce jeune homme ! De toute façon, il était accompagné.)

En fin de matinée, ma fille m'appelle : "Dis, tu as oublié de fermer la porte de mon appart à clef !" La tête de linotte en moi se saisit, mais je comprends quand elle continue : "une tornade blanche est entrée en mon absence !" Elle fait allusion au nettoyage que j'ai fait chez elle. Elle est super contente. Son WE en sera allégé et elle a justement une réunion des copropriétaires qui se passe chez elle. Elle a le sourire dans la voix. C'est chouette !

L'après-midi, je suis dans l'un de mes magasins de seconde main. J'y vois une dame qui gère habituellement une autre boutique. Elle me reconnaît et me sourit. Ça me fait plaisir, car elle a été longtemps indifférente à mon égard, ne répondant que distraitement à mes bonjours. La glace a été récemment brisée quand je lui ai demandé des nouvelles de son petit chien que je n'avais plus vu depuis quelque temps. Il était mort et elle m'avait alors expliqué dans quelles circonstances elle avait dû le faire piquer. Ma sollicitude a dû la toucher.

Je repère quelques vestes qui me plaisent. Lorsque je suis dans la cabine d'essayage, une gamine entre 10 et 12 ans m'observe en toute simplicité, par l'ouverture du rideau que je n'avais pas pris la peine de fermer tout à fait puisque je ne me déshabillais pas. Lorsque je sors de la cabine pour me regarder dans le miroir situé en dehors, la fillette continue de me regarder de pied en cap, pendant que sa mère est occupée dans la cabine à côté. Je lui souris. Elle me rend mon sourire et me dit : "il faut dire qu'elle est jolie !" Je la remercie. C'est-y pas mignon !

C'est à la vendeuse dont je parle plus haut que je m'adresserai pour marchander le prix de cette veste que je trouvais chère, non pour sa valeur réelle, mais par comparaison avec des articles similaires. Elle confirme que là où elle travaille habituellement, le prix aurait été bien plus bas. Je lui demande si elle peut y faire quelque chose. Elle me dit d'abord qu'elle n'aime pas intervenir, mais comme je lui demande à qui je peux m'adresser, elle finit par aller voir la caissière en lui indiquant, avec force justification, le prix qu'elle-même aurait demandé pour cette veste, là où elle travaille habituellement. La dame fait quelques mimiques qui pouvaient signifier "ch'ais pas moi, hein ! C'est pas moi qui décide" Mais elle me compte les 12 € indiqués par sa collègue. Le prix au départ étant de 20 €, je suis contente. Puis, quand je range mes achats dans mon sac à dos, elle me surprend en me décochant un franc sourire. Je le lui rends avec d'autant plus de conviction que cette dame ne m'avait jamais manifesté de sympathie auparavant, alors que je la connais à cette caisse depuis longtemps.

Cette note est dans la lignée de la précédente que j'avais intitulée "belle semaine !". Il est vrai que la semaine n'était pas finie. Un de mes collègues, gentil, mais un peu spécial - qui utilisait beaucoup les formules toutes faites - aurait dit : "Ce que j'ai eu, on ne peut plus me le reprendre". Et de penser à lui et à toute cette journée, ça m'a fait sourire.