15/03/2013
Télévision (2)
Tous ces questionnements au sujet de la tactique à adopter avec ma fille, tant au point de vue financier que concernant le temps à lui consacrer, ont fini par me fatiguer. Donner ? Prêter ? Aider ? De quelle façon ? Dans quelles limites ? Et puis, me sont revenus certains points de vue extérieurs. Ma voisine par exemple. Sa fille a été dans la même situation que la mienne. Mais en plus, elle recevait des coups. Les parents l'ont aidée à se débarrasser de l'homme et ont épongé ses dettes, sans lui demander de remboursement. En compensation, ils ont donné à leur fils une somme équivalente. Ce ne sont pourtant pas des gens particulièrement riches. Je ne sais évidemment pas à combien se montait cette somme. Mais ça m'a donné à réfléchir sur le principe. Moi, je me disais qu'il faut donner à celui (en l'occurrence à celle !) qui en a besoin. Ma fille cadette d'ailleurs, n'a pas trouvé à redire sur l'achat de la machine à laver. Par contre, elle a parfois émis le regret que je m'occupe moins d'elle et de ses enfants, tout en le comprenant et sans me le reprocher.
L'idée a fait son chemin. J'ai décidé, avec l'accord de mon mari, de lui offrir un montant équivalent à la télé. Par contre, je ne vais pas le faire en ce qui concerne la machine à laver. Une solution intermédiaire, en quelque sorte.
J'annonce la nouvelle à ma fille cadette, au téléphone. Tout à coup, je ne l'entends plus. Je suppose que la communication a été coupée. C'était arrivé quelques jours auparavant. J'insiste, j'appelle, et puis j'entends une toute petite voix chevrotante de larmes. Je suis un peu interloquée. Elle croit que je fais ça parce que parfois elle s'est plainte, comme lorsque j'ai emmené ses enfants à la mer parce qu'elle en avait manifesté l'idée, qui n'était pour elle qu'une sorte de fantasme. Je la rassure. C'était pour moi l'aboutissement d'un processus dans ma petite tête. Ses enfants, je les ai emmenés parce que désormais j'étais à la retraite et que ça me plaisait de le faire, même si je n'y aurais peut-être pas songé moi-même.
Elle me dit alors qu'elle préfèrerait que je me fasse un cadeau à moi-même. Quelque chose qui me ferait vraiment plaisir ou que je m'offre une femme d'ouvrage, par exemple. Je lui explique que les petits plaisirs que je me fais me suffisent. Je n'ai pas de grandes envies. Je lui rappelle aussi que j'ai de l'argent de côté. J'ai quand même hérité de la moitié du petit appartement de ma mère et d'argent dont je ne leur ai effectivement pas donné le montant, pour des raisons que je n'expliquerai pas ici.
Elle se rassénère et me dit qu'elle va donc changer son fusil d'épaule et simplement me dire merci. Je crois qu'il n'y a rien d'autre à faire ...
18:00 Publié dans Ma grande fille/Bébichon, alias Picolo | Lien permanent | Commentaires (60)


