15/03/2014
Les yeux mi-clos
Les petits cobayes ne ferment jamais les yeux. Ils sont toujours en état d'alerte, des fois qu'un vilain prédateur les surprendrait dans leur sommeil. Tout au plus, se permettent-ils de les clore à demi. C'est ainsi que j'ai trouvé mon petit Max ce matin, les yeux entrouverts. Hier, il n'avait mangé qu'un peu d'herbe le matin et s'est tenu toute la journée le museau tourné vers un coin de cage. Quand je le caressais, il ne réagissait plus. N'émettait plus de grougrous. Quand je l'ai pris pour l'examiner, il bougeait à peine. Ce matin, il n'était plus dans le coin et j'ai vu tout de suite, à son positionnement plus affaissé, que la vie l'avait quitté définitivement. Adieu mon petit Max ...
Mardi, quand j'ai quitté le cabinet du vétérinaire, après qu'il m'ait annoncé qu'il n'y avait plus grand chose à faire, j'ai eu la larme à l'œil. Mais aujourd'hui, j'observe un phénomène étrange. Je ressens un petit chagrin tendre, sans commune mesure avec l'immense tristesse qui m'a envahie à la mort de mon petit Micki, le cobaye roux qui a fait pendant 5 ans la joie de mon enfance. Et c'est plutôt cette douleur-là que j'ai retrouvée, recontactée, re-ressentie. Cinquante ans plus tard, cette émotion a été réactivée par une douleur moindre, sans doute parce que je vieillis, que les émotions s'émoussent. Une émotion actuelle, qui est celle provoquée par la mort de mon petit Max.
Je crois que toute ma vie durant, je regarderai les petits cobayes comme le symbole de la tendresse et de l'affection, imprimé dans ma tête d'enfant.
08:29 Publié dans Mes amies les bêtes | Lien permanent | Commentaires (25)


