19/12/2021
Trump le retour !
Ha ha ha ! Je vous entends déjà : « Encore ?! » Hé oui, et cette fois, ça a déraillé !
Un matin, en début de semaine, j'avais eu une longue conversation téléphonique avec ma fille aînée. D'abord quelques considérations pratiques. Puis, elle s'est plainte des propos de sa sœur. Ensuite, on a parlé de son fils. Et finalement de son moral. La conversation était fluide. Je la sentais calme et ouverte. J'ai pu aborder certains sujets sans la blesser, la vexer ou la contrarier. J'ai quand même pris pas mal de précautions oratoires. L'idée de se faire aider pour sa dépression ne semble décidément pas être à l'ordre du jour. Ses arguments sont tous fort discutables. Pourtant, elle ne voit pas non plus d'autre solution pour aller mieux.
C'est alors qu'elle a évoqué un élément qui m'a interpellée. Elle prétend que s’il s’avère que ses théories (complotistes) correspondent à la réalité, cela lui (re)donnera de la confiance en elle. Elle verra qu’elle n’est pas nulle. Cela lui permettra de remonter la pente. Je rétorque que même si ses théories s’avèrent fausses, elle n’en sera pas nulle pour autant. Tout le monde peut se tromper. Mais rien de ce que je dis ne semble faire mouche. Je comprends cependant mieux maintenant pourquoi elle s'accroche à ses croyances. Dur d'admettre être dans l'erreur quand sa "valeur" est mise en cause.
Qui a abordé le thème Trump ? Je ne sais pas. Toujours est-il que je lui demande ce qu’il en est du statut actuel du grand sauveur potentiel de l'humanité. Est-il toujours président, comme elle le prétendait ? Elle me répond qu’il est commandeur de l’armée. D’après ce que je vérifierai par la suite, le président en exercice a le grade de commandant en chef de l'armée et de la marine, "commandeur" étant la traduction qu'elle a faite elle-même du mot anglais "commander". J’insiste, mais elle ne dira jamais qu’il n’est plus président. Elle répètera simplement qu’il est le commandeur de l’armée. Dans la soirée, je trouve un site américain de fact checking qui dément cette rumeur et montre une image de Trump en uniforme militaire étant sensé prouver qu'il dirige toujours l'armée. Image non datée, bien entendu. Non que j'aie eu des doutes, mais j'avais envie de voir. Bref ...
Elle revient sur les remarques que je lui ai faites, selon lesquelles elle relayait régulièrement des idées d'extrême-droite. Mais pour elle, être d’extrême-droite, c’est être raciste, point barre. Et elle n’est pas raciste. Tout comme Trump n’est pas raciste, ajoute-t-elle. Il n’a jamais eu de propos à l’encontre des étrangers. Je lui fais entrevoir que le racisme peut prendre des formes subtiles. Par exemple, prendre des mesures contre l’entrée des musulmans de différents pays, comme l’a fait Trump, c’est une forme de racisme. Elle n’est pas au courant. Elle va se renseigner. Je l’arrête, ou du moins j’essaie : « Ecoute, je ne veux pas recommencer les polémiques à propos de Trump. Ça va faire 2 ans que ça revient sur le tapis et qu’on n’est pas d’accord.» Trop tard ! elle s’engouffre dans la brèche. La conversation se termine toutefois gentiment et vite. Elle est pressée d'aller « investiguer ».
L'après-midi, je rentre de promenade. Elle m’appelle à nouveau. Elle a trouvé la raison pour laquelle Trump a pris cette décision. Elle me l'explique et marque son accord, bien évidemment. Rien de ce que fait Trump ne souffre de critique à ses yeux. Puis elle s’en prend à Biden avec une sorte de rage qui monte : « ... Et maintenant les cages, elles sont pleines d’immigrés. »
Je n'objecte rien. Je tente une nouvelle fois d’arrêter la discussion. Je lui dis que je regrette d’avoir parlé de Trump. On en a déjà tellement discuté. Ça n'a mené à rien. Et là, elle s’énerve : « C’est ça ! En fait, tu ne veux pas avoir à te remettre en question. Tu es comme les autres, tous ceux qui … (je ne sais plus quoi). Vas-ty, diabolise-le ! Ça me met en colère ! Ça me dégoûte ! » Cette diatribe me sidère. Ce n'est pas son comportement habituel et j'ai envie de lui raccrocher au nez. Je me retiens. Elle clôture la conversation sèchement, terminant quand même par le « bisou » traditionnel, sur le ton qu’elle aurait pu utiliser pour me dire d'aller au diable ! Elle ajoute : « Salut ! » Moi je n’ai pas pu dire « bisou ». Je n’ai dit que « salut ».
En fait, elle ne considère pas seulement que j’ai un avis différent du sien, mais elle m’accuse en quelque sorte d’être de mauvaise foi ! Cela m’a mise brièvement en colère. Ensuite des larmes ont tenté de me monter aux yeux, mais son redescendues aussitôt d'où elles venaient.
Au cours de la première conversation, celle du matin qui s'était si bien passée, je disais que de toute façon les vrais dialogues étaient rarissimes entre nous et que celui qui avait été le plus approfondi, au sujet de l'inventeur du test PCR, avait quand même fini par se terminer en queue de poisson. Elle prétendait qu'elle avait répondu à toutes mes remarques sur ce sujet. Après le clash de l'après-midi, j’envisageais de lui renvoyer le mail qui était resté sans réponse et de signer « ta maman (qui a le droit de se tromper ou/et de ne pas être d’accord avec toi.) »
Finalement, j’ai préféré ne rien faire du tout et laisser décanter … Elle avait proposé qu’on mange ensemble la semaine prochaine. J’attends de voir si elle réitère la proposition ou si elle revient sur sa réaction de colère …
19:21 Publié dans Ma grande fille/Bébichon, alias Picolo | Lien permanent | Commentaires (9)


